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Le G20 à la recherche d'une solution anti-crise

Une manifestation anti-G20 à Londres (Photo: epa). ©EPA

Pour ne fâcher personne, le G20, qui se tient jeudi à Londres, devrait surtout rappeler les engagements pris et promettre de faire plus si nécessaire. Mais une série de manifestations prévues à Londres menacent de ternir la photo de groupe censée rassurer les cercles financiers et l'homme de la rue.

(afp) - Les dirigeants du G20 se réunissent jeudi à Londres pour un sommet d'une journée censé marquer un point décisif contre une crise historique, même si l'ambition d'une réponse commune risque de se heurter à des divergences entre priorités américaines et européennes.

Pour contrecarrer une récession dont personne ne connaît l'ampleur ni la durée, les Américains sont favorables à toujours plus de relance. Ce sera le message de leur nouveau président Barack Obama qui participera à son premier G20 et fera ses premiers pas en Europe.

De leur côté, les Européens s'inquiètent du gonflement de leurs déficits. Avant de nouveaux efforts, ils voudraient voir le résultat de l'injection dans les banques et l'économie mondiale de milliers de milliards de dollars.

Pour ne fâcher personne, le G20 devrait donc surtout rappeler les engagements pris et promettre de faire plus si nécessaire. Mais une série de manifestations prévues à Londres menacent de ternir la photo de groupe censée rassurer les cercles financiers et l'homme de la rue.

Sans cravate

Après une marche qui a réuni samedi 35.000 personnes pour défendre pêle-mêle l'emploi ou l'environnement, les opposants les plus radicaux et imprévisibles sont attendus mercredi et jeudi, mettant 2.500 policiers en alerte.

Le sommet se déroulera à proximité de la City, ce qui a incité des établissements financiers à recommander à leurs employés de circuler sans cravate, voire de ne pas venir au travail jeudi. Les banquiers sont communément perçus comme à l'origine d'une crise qui a démarré en 2007 sur le marché des crédits hypothécaires à haut risque aux Etats-Unis.

La réunion de Londres qui regroupe des pays concentrant 90% de la richesse mondiale (le G8, l'Union européenne et les grands pays émergents, dont l'Inde, la Chine et le Brésil) a lieu dans un contexte encore plus difficile que le premier sommet consacré à la crise organisé le 15 novembre à Washington. Le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoyait alors une croissance mondiale de 2,2% en 2009, prédit désormais une récession avec une contraction de 1% du PIB mondial.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet perçoit un consensus sur "une reprise modérée de la croissance" en 2010 mais d'autres sont plus inquiets, notamment pour les pays pauvres non représentés au G20. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a dit redouter une "crise politique mondiale" si le G20 ne s'accorde pas sur une stratégie.

 

Supervision

Outre la problématique de la relance, le sommet devra chercher un compromis sur la régulation et la supervision financières. A terme, aucun acteur financier, pas même les fonds spéculatifs ou les agences de notation, ne devrait pouvoir échapper à une réglementation.

A l'initiative de la France et de l'Allemagne, une place sera réservée à la lutte contre les paradis fiscaux. La menace d'une "liste noire" a déjà poussé des pays comme le Luxembourg, l'Autriche et la Belgique, et même la Suisse, à assouplir leur secret bancaire.

Le G20 devrait promettre un doublement à 500 milliards de dollars des ressources du FMI. Très dépendants de leurs exportations, les pays émergents, un peu en retrait des débats sur une crise provoquée, selon le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, "par le comportement irrationnel" de banquiers "blancs aux yeux bleus", demanderont sans doute au reste du monde de ne pas céder au protectionnisme. Ce comportement, fréquent quand le chômage monte, a semblé tenter la France, la Chine ou les Etats-Unis récemment.

Une étape

Le G20 de Londres ne devrait être qu'une étape. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a souligné que "la détermination à travailler ensemble" du G20 constituait déjà en soit "un succès". La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu que l'étendue des chantiers était telle qu'il faudrait "assurément devoir nous réunir à nouveau".

Une réunion d'automne pourrait être annoncée peut-être au Japon ou à New York en parallèle de l'Assemblée générale des Nations unies en septembre.

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