Le gouvernement libanais décide de déployer l'armée dans le sud dès jeudi

Le gouvernement libanais va envoyer dès jeudi son armée dans le sud du pays, donnant ainsi un coup d'accélérateur aux efforts internationaux pour consolider la trêve entre Israël et le Hezbollah après plus d'un mois de conflit destructeur.

Une femme libanaise fait le deuil d'un parent - Photo Belga

(afp) - Et la milice chiite s'est déclarée d'accord pour que l'armée libanaise saisisse les armes qu'elle y trouvera, a annoncé le porte-parole du gouvernement libanais Ghazi Aridi.

"Le gouvernement a pris la décision d'envoyer l'armée dans le sud (...) "cela commencera demain, jeudi", a déclaré à l'AFP le ministre des Finances Jihad Qazaour.

Quelque 15.000 soldats libanais seront déployés au sud du fleuve Litani pour reprendre le contrôle d'une région frontalière qui échappe au pouvoir libanais depuis les années 60 et tombée sous le contrôle du Hezbollah après le retrait israélien en 2000.

Les soldats libanais seront épaulés par la Force des Nations Unies au liban (Finul) dont les effectifs doivent passer de 2.000 à 15.000 hommes, avec un mandat élargi, parallèlement au retrait israélien, selon la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'Onu qui a mis fin aux combats.

L'Onu souhaite qu'une avant-garde de plus de 3.000 hommes soit sur le terrain dans 15 jours au maximum et compte sur la France, en première ligne dans les négociations qui ont précédé l'arrêt des combats, pour fournir l'ossature de cette future Finul.

En visite à Beyrouth, le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy a posé comme condition à une participation française le déploiement de l'armée libanaise dans le sud.

Les chefs de la diplomatie de Turquie et de Malaisie, deux pays contributeurs potentiels à la future force, se trouvaient également mercredi dans la capitale libanaise.

Le temps presse pour ce déploiement car la trêve entrée en vigueur lundi reste fragile, même si elle a connu peu d'accrocs depuis son entrée en vigueur lundi.

Autre question en suspens: le désarmement du Hezbollah, prévu par la résolution de l'Onu.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a annoncé qu'il refusait de désarmer dans l'immédiat et que cette question devait être réglée par "le dialogue entre Libanais", tout en se disant prêt à "faciliter le déploiement de l'armée libanaise" au Liban sud.

Le parti chiite s'est ainsi dit prêt mercredi à rendre les armes qui seraient trouvées, mais sans que cela élimine le risque d'armes cachées.

Les combattants, clandestins pendant un mois, sont réapparus au grand jour, à Baalbeck dans l'est du Liban, dans la banlieue sud chiite de Beyrouth, qui est aussi l'un de leurs fiefs, ainsi que dans des villages détruits du sud du Liban.

Ils se transforment en secouristes pour distribuer des rations alimentaires, et sont déjà à pied d'oeuvre pour aider à reconstruire les maisons, prenant de vitesse le gouvernement libanais en promettant leur aide et un petit pécule aux déplacés.

Malgré les énormes destructions subies par le réseau routier, au moins un demi-million de Libanais qui avaient fui pendant le conflit se sont engouffrés sur les routes depuis lundi pour regagner le sud du pays, selon une porte-parole du Haut commissariat aux réfugiés de l'Onu (HCR).

"Au moins 60% des déplacés ont quitté les centres et régions d'accueil depuis lundi", a expliqué cette porte-parole, Astrid van Genderen Stort.

Ces mouvements massifs de population ont créé de gigantesques embouteillages, dans ce petit pays de 10.452 km2, qui s'étire sur 200 kilomètres de la frontière nord avec la Syrie à la frontière sud avec Israël.

Le chaos sur les routes ralentissait l'afflux de l'aide humanitaire, vitale pour le Liban où près d'un million de personnes, le quart de la population, ont été déplacées par le conflit.

S'y ajoute pour entraver l'arrivée de l'aide le maintien par Israël du blocus aérien et maritime du Liban, dont le chef de la diplomatie française a demandé la levée afin de faciliter "la reconstruction et la reprise de l'activité économique".

Selon les autorités libanaises, environ 80 ponts ont été rendus impraticables par les raids israéliens.

Dans la perspective de son déploiement dans le sud, l'armée libanaise a commencé à reconstruire les ponts et acheminer du matériel au nord du fleuve Litani.

Israël était parvenu après 34 jours d'offensive au Liban à occuper des positions allant jusqu'au fleuve Litani, frontière naturelle du Liban sud, mais sans avoir vaincu militairement le Hezbollah.

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