Le Hezbollah rejette l'appel de Rome

Le Hezbollah chiite libanais a rejeté mercredi indirectement les propositions de la conférence de Rome sur le Liban en écartant toute solution à la crise autre qu'un "cessez-le-feu total et immédiat et l'échange de prisonniers à travers des négociations indirectes".

(afp) "Le gouvernement libanais s'est engagé à aboutir à un cessez-le-feu immédiat et total et à des négociations indirectes pour l'échange de prisonniers" entre Israël et le Hezbollah, a déclaré Mohamad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, dans un communiqué.

"Toute autre proposition est inacceptable", a ajouté M. Raad peu après que la conférence internationale de Rome a exprimé son soutien à l'idée "qu'une force internationale soit autorisée sous le mandat de l'Onu".

La conférence n'est pas parvenue à un accord sur un appel à un cessez-le-feu immédiat, s'engageant simplement à travailler "de toute urgence" à une cessation des hostilités.

Interrogé par l'AFP, un responsable du Hezbollah qui a requis l'anonymat a déploré que les propositions faites à Rome aillent au-delà de ce qui a été convenu.

Le Hezbollah exige en effet un cessez-le-feu avant de passer à toute autre étape.

Le Premier ministre libanais Fouad Siniora --qui se trouve également à Rome -- a proposé un cessez-le-feu accompagné de l'adoption d'un plan en sept points.

Ce plan prévoit l'échange de prisonniers entre Israël et le Liban sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Il réclame également un engagement du Conseil de sécurité de l'Onu à placer le secteur des Fermes de Chebaa sous juridiction des Nations-unies en attendant son retour sous souveraineté libanaise.

Ce secteur frontalier controversé, occupé par Israël depuis 1967, se trouve aux confins du Liban, de la Syrie et d'Israël. Le Hezbollah veut libérer ce territoire par les armes.

M. Siniora a réclamé le déploiement de l'autorité du gouvernement libanais sur son territoire au moyen de ses propres troupes.

Membre du gouvernement, le Hezbollah est en désaccord avec la majorité des ministres anti-syriens sur le désarmement de ses combattants déployés à la frontière libano-israélienne et l'envoi de l'armée régulière à cette frontière.

Mercredi, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a jugé que tous les émissaires venus dans la région, notamment Condoleezza Rice qui était lundi au Liban, étaient "uniquement venus avec des diktats américano-sionistes et n'ont soumis aucune (...) solution".

Avant Mme Rice, une délégation de l'Onu et une autre de l'Union européenne étaient venues à Beyrouth.

Interrogé sur la position du Hezbollah, le député du mouvement chiite Amal Ali Hassan al Khalil, s'est montré plus prudent. "Le cessez-le-feu immédiat, l'échange des prisonniers et le retour des réfugiés dans leurs villages sont à la base de toute discussions. Les autres questions doivent encore être précisées", a dit à l'AFP le député d'Amal, allié du parti de Dieu.

Le Hezbollah détient depuis le 12 juillet deux soldats israéliens qu'il dit vouloir échanger contre des détenus libanais en Israël à travers des négociations indirectes.

La capture de ces deux soldats a entraîné l'offensive militaire israélienne contre le Liban.

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