Le Hezbollah semble avoir lâché du lest

Le Hezbollah semble avoir lâché du lest en acceptant le plan global du Premier ministre libanais Fouad Siniora (photo), qui vise à une pacification définitive de la frontière libano-israélienne, mais la portée réelle de ce geste restait vendredi sujette à caution.

(afp) Le Hezbollah est "prêt à étudier toutes les propositions" du Premier ministre libanais, après l'instauration d'un cessez-le feu, a déclaré vendredi à l'AFP un député du Hezbollah, Hassan Fadlallah.

Le gouvernement libanais, où siègent des ministres du parti chiite Hezbollah, a en effet adopté jeudi le plan du Premier ministre pour un règlement du conflit avec Israël avec la réactivation de l'accord d'armistice de 1949.

Ce plan en sept points, proposé la veille à la conférence de Rome, réclame un cessez-le-feu, accompagné d'un échange de prisonniers entre le Liban et Israël via le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), un engagement du Conseil de sécurité à placer le secteur frontalier des Fermes de Chebaa sous juridiction de l'Onu, le déploiement de l'autorité du gouvernement libanais au Liban sud et le retour à l'accord d'armistice signé par le Liban et Israël en 1949.

Dans un premier temps, le Hezbollah, avait accueilli par la négative les propositions de M. Siniora.

Le parti chiite avait lors insisté sur ses deux seuls impératifs: "un cessez-le-feu immédiat et total, et des négociations indirectes pour l'échange de prisonniers" avec Israël.

Mais selon M. Fadlallah, en acceptant désormais d'étudier "toutes les propositions" faites par le Premier ministre, le Hezbollah veut contribuer à "renforcer l'unité nationale" et "la position du Liban en cas de négociations politiques".

Le député du parti chiite a toutefois refusé de se prononcer sur le déploiement d'une force internationale dans le Liban sud, qui est le sujet le plus controversé alors que les combattants du Hezbollah déployés à la frontière avec Israël donnent du fil à retordre aux soldats israéliens.

Il faut, selon M. Fadlallah, attendre "les détails des propositions de la communauté internationale sur la nature du mandat, de la composition de cette force et du lieu de son déploiement.

"Entre-temps, le Hezbollah va poursuivre sa résistance sur le terrain, car si nous empêchons Israël de réaliser ses objectifs militaires, les conditions des négociations politiques s'amélioreront en faveur du Liban", a-t-il indiqué.

Une source diplomatique occidentale a indiqué à l'AFP que les "efforts diplomatiques se multiplient pour créer des conditions propices à un cessez-le-feu" et a reconnu que "le Hezbollah commençait à faire preuve de souplesse".

De son côté, Israël exige le déploiement d'une force internationale d'interposition à l'intérieur du territoire libanais sur une profondeur d'une vingtaine de kilomètres de la frontière libano-israélienne, afin d'éloigner la menace du Hezbollah.

Et les Etats Unis disent vouloir mettre en place une "solution globale" en préalable à un cessez-le-feu. "S'il n'y a pas de solution globale, le cessez-le-feu ne sera pas viable", a souligné la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.

Le Premier ministre libanais a appelé pour sa part à un cessez-le-feu immédiat pour mettre fin à la "destruction systématique par Israël du Liban".

Mais M. Siniora a reconnu qu'il fallait aboutir cette fois à une solution globale du conflit.

"Il n'est pas question de revenir à la situation qui prévalait avant le 12 juillet", date de l'attaque du Hezbollah au cours de laquelle il a capturé deux soldats de l'Etat hébreu, provoquant la plus meurtrière opération militaire depuis l'invasion israélienne du Liban en 1982.

Selon le quotidien An-Nahar, M. Siniora a indiqué au Hezbollah que le Liban "devait avancer des propositions, car la bataille politique qui s'annonce sera dure".

"Si on ne fait rien et qu'on reste dans une position attentiste, le Conseil de sécurité de l'Onu risque d'imposer des conditions en notre défaveur", a-t-il ajouté

photo belga

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