Le Liban rejette dans sa forme actuelle le projet franco-américain

Le gouvernement libanais a rejeté samedi le projet franco-américain de résolution sur le conflit au Liban estimant qu'il ne permettait pas une fin des hostilités et a demandé que le texte soit modifié.

(afp) "Le gouvernement libanais est opposé au projet franco-américain et a envoyé au représentant du Liban à l'Onu, le ministre des Affaires étrangères par intérim Tarek Mitri, un texte modifié incluant les revendications libanaises", a indiqué à l'AFP une source au sein du gouvernement libanais.

A New York, le ministre libanais des Affaires étrangères par intérim, interrogé par la télévision libanaise, a estimé que "le projet, qui n'est pas basé sur le point de vue libanais, ne permet pas d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixé, notamment la fin du conflit".

Ce constat était fait également par la source au sein du gouvernement interrogée par l'AFP qui stigmatise un texte "non conforme aux intérêts et aux revendications libanaises visant à mettre fin au conflit".

"Le Liban veut que le projet se base sur le plan en sept points présenté par le gouvernement" fin juillet à la conférence de Rome par le Premier ministre libanais Fouad Siniora, souligne la source.

Ce plan exige un cessez-le-feu immédiat et global, prévoit un échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël et l'envoi de l'armée libanaise dans le sud du Liban.

Il envisage aussi le renforcement de la Force intérimaire de l'Onu au Liban (Finul) et la réactivation de l'accord d'armistice libano-israélien de 1949.

Ce plan avait été adopté par l'ensemble du gouvernement libanais, y compris par les deux ministres du parti chiite Hezbollah.

De son côté, le projet franco-américain prévoit "une cessation complète des hostilités, basée en particulier sur la cessation immédiate de toutes ses attaques par le Hezbollah et de toutes ses opérations militaires offensives par Israël".

Selon Beyrouth, le projet franco-américain, qui appelle Israël et le Liban "à soutenir un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme", ignore certaines demandes libanaises et contient des clauses qui n'ont pas son aval.

Notamment la question épineuse des fermes de Chebaa, ce territoire conquis par Israël sur la Syrie depuis 1967 et situé aux confins du Liban, de la Syrie et de l'Etat hébreu mais revendiqué par Beyrouth, où le projet se contente de prôner "la délimitation des frontières (..) dans les secteurs où elle est disputée ou incertaine, y compris les fermes de Chebaa".

Le projet de résolution prévoit par ailleurs le "déploiement d'une force internationale au Liban" alors que le Liban veut un simple renforcement de la Finul.

Selon le chef de la diplomatie libanaise par intérim Tarek Mitri, "un appel à un cessez-le-feu contraignant, accompagné d'un retrait immédiat des Israéliens est plus efficace pour faire cesser les massacres et les destructions".

Le ministre de l'Energie, Mohammad Fneich, également membre du Hezbollah, a répété que "s'il y a un cessez-le-feu, le Hezbollah l'acceptera à condition qu'il ne reste plus un seul soldat israélien sur le sol libanais".

Et auparavant, le Premier ministre libanais Fouad Siniora avait fait une déclaration dans le même sens à la chaîne de télévision américaine CNN, estimant que le projet "n'est pas adéquat".

"Il ne peut pas atteindre les objectifs que se sont fixés les auteurs du projet", a dit M. Siniora.

photo belga

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