Le Liban sud se vide avant une offensive

L'exode massif des habitants de la région de Tyr s'est accéléré mardi et le Liban sud était vidé de sa population en prévision d'une offensive israélienne.

Ce déplacement de la population qui bloque les routes en direction du nord du pays, et notamment Beyrouth, intervient alors que des responsables israéliens ont multiplié les indications sur l'extension de l'opération terrestre de l'armée au Liban sud.

A quelques heures de la fin de la suspension annoncée des bombardements aériens israéliens du Liban sud, il ne restait mardi qu'environ 15.000 habitants à Tyr, a indiqué à l'AFP le président de la municipalité, Abdel Mohsen Husseini.

La population avait doublé dans cette ville portuaire et atteint 100.000 avec l'afflux des habitants des villages de la région, pilonnés depuis le 12 juillet, date du début de l'offensive israélienne.

Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a entamé une tournée dans la ville pour distribuer des produits de base à la population restée sur place, afin de lui permettre de survivre quatre à cinq jours. Chaque famille reçoit une ration alimentaire composée de farine, d'huile, de fromage, et de conserves de viande.

L'écrasante majorité des localités proches de la frontière avec Israël ont été évacuées par leurs habitants, ont rapporté des journalistes de l'AFP dans ce secteur. Ils sont dévastés par les bombardements et les routes du secteur sont trouées de profonds cratères.

Les quelque 60 villages de la région de Tyr, surtout ceux du sud et de l'est de la ville, avaient commencé à se vider après des ultimatums israéliens ordonnant aux habitants de partir, au début de l'opération "Changement de Cap".

Par la suite, les pilonnages incessants de l'aviation et de l'artillerie, qui ont transformé leurs villages en champs de ruines, ont forcé les villageois de cette vaste zone agricole à fuir. La police libanaise a dénombré plus de 5.000 raids de l'aviation israélienne dans ce secteur et estime à plusieurs milliers le nombre d'obus tirés par la marine et l'artillerie de campagne, depuis le territoire israélien.

Ils ne reste dans ces villages que quelques irréductibles, en majorité des vieillards qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas partir.

Profitant de la suspension annoncée des bombardements aériens, des habitants de la ville de Tyr, relativement épargnée, y sont retournés pour ramener sur leurs voitures ou à bord de camionnettes, des biens de première nécessité et parfois même du mobilier, avant de reprendre le chemin de l'exode.

Dès lundi, des milliers de voitures ont pris la route du nord en direction de Saïda, chef lieu du Liban sud, et de Beyrouth, où les nouveaux exilés vont grossir les rangs des déplacés, dont le nombre était estimé par l'Onu à quelque 800.000 personnes avant ce nouvel exode.

Ils vont mettre à rude épreuve les capacités du Liban de faire face à cette urgence humanitaire, en dépit de l'aide qui arrive de l'étranger.

Selon un décompte auprès des hôpitaux de Tyr, 270 civils ont été tués dans cette région et plus de 500 blessés ont été hospitalisés, depuis le 12 juillet.

La Défense civile, un organisme étatique, a indiqué qu'au moins 55 civils, dont beaucoup d'enfants, sont toujours ensevelis sous les décombres de leurs maisons détruites par les bombardements.

Lundi, au premier jour de la trêve, les corps de 26 civils, dont celui d'un enfant de 8 ans, certains dans un état de décomposition avancée, avaient été retrouvés sur les routes de la région de Tyr.

photo belga

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