Le "méga-procès" de Srebrenica démarre sur un incident au TPI

Le procès de sept Serbes de Bosnie, poursuivis pour le massacre de Srebrenica qui a coûté la vie à près de 8.000 hommes musulmans, a démarré sur un incident entre le procureur du TPI Carla Del Ponte et les avocats de la défense.

(afp) L'audience du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie s'est immédiatement orientée vers des questions de procédures, après l'interruption d'une déclaration de Mme Del Ponte.

Le procureur, qui voulait faire un court discours pour marquer l'ouverture du procès, a évoqué sa visite mardi à la cérémonie en mémoire des victimes du massacre de Srebrenica.

"Plus tôt cette semaine, j'étais à Potocari (près de Srebrenica) pour marquer le 11ème anniversaire des atrocités de Srebrenica. J'y étais auprès de milliers de personnes en deuil, essentiellement des femmes...", a eu le temps de déclarer le procureur avant d'être interrompue par les objections des avocats de la défense.

Les avocats ont souligné que le discours était "émotionnel" et devrait être réservé pour l'analyse du fond du dossier prévue à partir du 21 août, après les vacances du Tribunal.

"Il ne s'agit pas d'émotion, absolument pas d'émotion, mes chers avocats de la défense. De faits!", s'est insurgée Mme Del Ponte. Les juges ont toutefois décidé qu'elle devait remettre sa déclaration au mois d'août.

Le massacre de Srebrenica lors de la guerre de Bosnie (1992-1995) est un des passages les plus sombres des conflits qui ont déchiré l'ex-Yougoslavie. Il a été qualifié de "génocide" par le TPI.

Les deux principaux inculpés du massacre, le chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic et leur chef politique Radovan Karadzic, sont toujours en fuite.

Lorsqu'en juillet 1995, les troupes serbes ont pris la ville qu'ils encerclaient depuis 1993, ils ont séparé les femmes et les enfants des hommes, sans que les Casques bleus néerlandais chargés de défendre l'enclave ne s'y opposent.

Près de 8.000 garçons et hommes musulmans ont été exécutés dans différents lieux aux alentours de l'enclave, où s'étaient réfugiés depuis 1992 des milliers de musulmans fuyant les offensives serbes.

(photo: belga)

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