Le Pen appelle ses électeurs à s'abstenir

Le chef de l'extrême droite en France a appelé mardi ses électeurs à ne voter ni pour Nicolas Sarkozy, ni pour Ségolène Royal et à "s'abstenir massivement".

(afp) Le chef de l'extrême droite en France Jean-Marie Le Pen, qui a obtenu 10,44% des voix au premier tour de la présidentielle, a appelé mardi ses électeurs à "s'abstenir massivement" lors du second tour qui opposera dimanche Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

"Nous ne devons prendre aucune responsabilité dans le choix" du second tour entre le candidat de droite et la représentante socialiste, a déclaré M. Le Pen lors d'un rassemblement de quelques milliers de ses partisans à Paris.

Le chef du Front national (FN), arrivé 4e au premier tour, a invité ses 3,8 millions d'électeurs "à n'accorder leur suffrage ni à Mme Royal ni à M. Sarkozy" et à "s'abstenir massivement".

Il les a appelés à se "réserver" pour le premier tour" des législatives en juin, pour prendre une "légitime revanche".

M. Le Pen avait provoqué un choc en atteignant le second tour lors de la présidentielle en 2002 après avoir éliminé le candidat socialiste Lionel Jospin.

M. Sarkozy, qui a notamment axé sa campagne sur les thèmes de la sécurité et de l'immigration, avait réussi à capter une importante partie des voix du FN au premier tour. Selon l'institut Ipsos, entre 60 et 70% des électeurs de M. Le Pen se reporteraient sur M. Sarkozy le 6 mai.

"Nous avons subi un revers de circonstances mais nous n'avons pas été battus", a déclaré M. Le Pen, 78 ans, en évoquant son score du premier tour.

"Il ne reste en lice que deux candidats, tous deux des représentants officiels des partis et des politiques qui en 30 ans ont amené la France au bord du gouffre politique, économique, social, culturel et moral", a lancé le président du FN.

"Il serait illusoire et dangereux de voter pour la candidate socialiste pour se venger du hold-up réalisé sur notre programme par Nicolas Sarkozy. Soutenue par l'extrême gauche révolutionnaire, on sait qu'elle veut entre autres régulariser les clandestins", a-t-il poursuivi.

"Mais il serait aussi insensé d'apporter notre suffrage à un candidat qui continue de nous considérer comme des extrémistes et de refuser de permettre par la proportionnelle à nos millions d'électeurs d'être représentés à l'assemblée nationale, qui comme la gauche refuse de nous considérer comme des républicains", a-t-il dit.

M. Sarkozy a évoqué dimanche la possibilité d'introduire une dose de proportionnelle pour les élections au Sénat ou à l'Assemblée, tout en réaffirmant son hostilité à la proportionnelle intégrale.

M. Sarkozy, favori des sondages pour le second tour (à 52-53% contre 48-47%), avait déclaré qu'il n'attendait "rien" des consignes de vote de M. Le Pen, car il s'adresse directement aux électeurs, "pas à ceux qui veulent parler en leur nom".

M. Sarkozy doit affronter Mme Royal lors d'un grand débat télévisé mercredi soir, point d'orgue de la campagne avant le vote de dimanche.

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