Le président syrien défend le Hezbollah face à Israël

Le président syrien Bachar al-Assad a défendu les actions "légitimes" du Hezbollah face à Israël et lancé une attaque en règle contre l'Etat hébreu, les Etats-Unis et les forces de la majorité anti-syrienne au Liban.

(afp) Dans un discours prononcé mardi à Damas à l'ouverture du Congrès de l'union des journalistes, le président syrien a rendu hommage au "Nouveau Moyen-Orient tel que nous le voulons et comprenons", intervenu après un mois de conflit armé entre Israël et le Hezbollah au Liban.

"Je suis heureux de vous rencontrer dans ce nouveau Moyen-Orient, maintes fois annoncé par la Syrie. Il est nouveau par les réalisations de la résistance" du Hezbollah, le mouvement chiite libanais soutenu par Téhéran et Damas, a expliqué M. Assad.

Il a dénoncé en revanche le Nouveau Moyen-Orient prôné par les Etats-Unis, devenu "une illusion", selon lui.

"Leur Moyen-Orient est construit sur la soumission, l'humiliation. Il prive les peuples de leurs droits et de leur identité", a lancé M. Assad.

M. Assad a rendu un hommage appuyé aux hommes du Hezbollah qui ont combattu les soldats israéliens pendant 34 jours, avant la cessation des hostilités au Liban le 14 août.

Le chef de l'Etat syrien a d'autre part accusé Israël d'avoir pris prétexte de la capture par le Hezbollah de deux soldats israéliens le 12 juillet pour lancer une offensive au Liban.

"Israël a planifié cette guerre depuis des années", a-t-il affirmé.

Selon lui, "les derniers combats dans le sud du Liban sont une réponse (...) aux plans (américains) dans la région, notamment après l'invasion de l'Irak".

"La résistance nationale libanaise est légitime, (...) puisque les agressions israéliennes sont quasi quotidiennes depuis 2000 avec les violations de l'espace aérien libanais" par l'aviation israélienne, a-t-il dit.

L'armée israélienne s'était retirée en mai 2000 de la zone qu'elle occupait dans le sud du Liban sous la pression du Hezbollah.

"La résistance libanaise a brisé le mythe de l'armée invincible", a poursuivi le président Assad, en allusion à l'armée israélienne.

"Je dis à tous ceux qui accusent la Syrie de se tenir du côté de la résistance que cela est, pour le peuple syrien, un honneur", a affirmé encore M. Assad.

Les Etats-Unis accusent la Syrie de soutenir le Hezbollah, considéré par Washington comme une organisation "terroriste".

Le président Assad a en outre accusé l'administration du président Bush du gel du processus de paix au Proche-Orient. "Cette administration américaine adopte le principe de la guerre préventive, qui est en contradiction totale avec le principe de la paix", a-t-il déclaré.

"Nous ne nous attendons pas à une paix prochaine", a-t-il cependant souligné, affirmant qu'Israël est un "ennemi".

L'Etat hébreu "comme je l'ai dit ne veut pas la paix. La paix impose à Israël de restituer les territoires occupés à leurs propriétaires et à rétablir leurs droits", selon lui.

Par ailleurs, le chef de l'Etat syrien a dénoncé avec virulence les "Forces du 14 mars", la majorité anti-syrienne au Liban, les accusant de servir les intérêts israéliens.

"Sauver le gouvernement israélien actuel figure parmi les tâches de ces forces. Après l'échec de la guerre, ces forces veulent (...) provoquer une sédition au Liban en tentant de faire déposer les armes de la résistance", a dit le président Assad.

Ces forces "ont commencé à parler d'un désarmement du Hezbollah alors que le sang (des victimes) est encore frais (...) mais moi je leur dis qu'elles ont échoué".

Après ce discours, le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, a annoncé à Amman qu'il annulait son déplacement prévu dans l'après-midi en Syrie, en raison des propos du président syrien jugés "négatifs"

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