Le PS veut bâtir un "front anti-Sarkozy" autour de Ségolène Royal

Ségolène Royal tente de bâtir un "front anti-Sarkozy" capable de rassembler toute la gauche et l'électorat modéré hostile au candidat de l'UMP, pour combler son retard et inverser la tendance en sa faveur.

(afp) Dans sa déclaration d'après 1er tour, dimanche soir à Melle (Deux-Sèvres), la candidate du PS, devancée de cinq points par Nicolas Sarkozy, a initié cette démarche en appelant à la rejoindre "toutes celles et ceux qui veulent faire triompher la République du respect".

"Le problème, ce n'est pas tant le score de Ségolène Royal, qui est correct, que les réserves de voix à gauche," quasiment inexistantes du fait de la très forte participation au scrutin de dimanche, relève la députée de Paris Annick Lepetit.

Les électeurs de François Bayrou vont donc être très courtisés dans la quinzaine qui s'ouvre, d'autant que selon les sondages, environ un quart des électeurs du candidat UDF ont voté à gauche au premier tour de 2002.

Mais il faut aussi veiller à ne pas perdre sur le flanc gauche du PS, où tous les candidats ont appelé à barrer la route à M. Sarkozy. C'est pourquoi la candidate veut "rassembler sur ses propositions" et ne pas entrer dans un tête-à-tête avec l'UDF. "Il s'agit de mettre en place sans le dire un front anti-Sarkozy", explique un responsable PS rallié à Mme Royal.

Avant même le 1er tour, Ségolène Royal avait indiqué qu'elle développerait le thème de "l'Etat impartial", expression utilisée dimanche. Selon Benoît Hamon, l'un des responsables de la gauche du parti, "il faut tenir un discours fédérateur sur la démocratie, la République, la défense du modèle social". "Et l'environnement", complète le fabiusien Claude Bartolone.

Affirmant que "la victoire est à portée de main", le premier secrétaire François Hollande a estimé lundi que "beaucoup d'électeurs qui se sont prononcés pour François Bayrou voulaient battre Nicolas Sarkozy".

"C'était d'ailleurs le sens de la campagne de François Bayrou: faites un vote utile, disait-il, parce que je peux, moi, battre Nicolas Sarkozy", a observé le numéro un socialiste, tout en soulignant qu'il ne s'agissait pas de "négocier avec qui que ce soit".

Néanmoins, tous les responsables du PS ne sont pas sur la même longueur d'onde. Proche de Dominique Strauss-Kahn, le député Jean-Christophe Cambadélis a déclaré à l'AFP que M. Hollande avait "tort d'enfermer le PS dans ses 26%". "Le problème aujourd'hui n'est pas de négocier, mais de rassembler. Nul n'est exclu du rassemblement autour de Ségolène Royal, qu'il soit trotskiste ou centriste", a ajouté M. Cambadélis.

Michel Rocard, qui avait préconisé avant le premier tour un accord entre François Bayrou et Ségolène Royal, a estimé que certains socialistes "choisissaient la défaite honorable plutôt que la victoire un peu compromettante".

D'autres responsables constatent avec dépit que M. Sarkozy a échappé au 1er tour à la sanction du "candidat sortant", selon la terminologie socialiste. "Ce qui me tue, c'est qu'on n'a pas fait campagne sur le bilan de Nicolas Sarkozy", confie une élue d'Ile-de-France membre des instances nationales.

Publicité
Publicité

Echo Connect