Le satellite SMOS sur les traces de l'eau terrestre

©AFP

Le satellite européen SMOS, lancé avec succès tôt lundi depuis la base russe de Plessetsk par une fusée Rockot, doit mesurer l'humidité des sols et la salinité des océans terrestres, afin de mieux comprendre les changements climatiques. Le mini-satellite belge Proba-2, conçu en Belgique, servira quant à lui à tester de nouvelles technologies spatiales et à observer le Soleil.

(afp/echo) - La mise en orbite réussie du radiotélescope SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity) et du mini-satellite Proba-2, conçu en Belgique et destiné à tester de nouvelles technologies spatiales et à observer le Soleil, a été saluée lundi par l'Agence spatiale européenne ESA, ravie de "cette double réussite".

Proba-2 (pour "Project for on board autonomy"), un mini-satellite de 130 kilos, a été construit par la société flamande Verhaert Space, basée à Kruibeke, près d'Anvers. Fruit d'une collaboration avec l'Agence spatiale européenne (ESA), avec le Centre spatial de Liège et l'Observatoire Royal de Belgique, il est doté de quatre instruments scientifiques destinés à étudier le Soleil et la météorologie spatiale. 

Il emporte notamment trois instruments (SWAP, Lyra et ESP) développés par le Centre spatial de Liège (CSL-Université de Liège) et financés par la Politique scientifique belge dans le cadre du programme PRODEX de l'ESA. Ces trois instruments sont basés sur des technologies nouvelles qui seront validées lors de cette mission. Il s'agira ainsi d'obtenir des images de la couronne solaire dans l'ultra-violet (UV) et l'extrême UV, et de tester un panneau solaire expérimental.

Le satellite européen SMOS doit quant à lui mesurer l'humidité des sols et la salinité des océans terrestres, afin de mieux comprendre les changements climatiques.

"L'eau dans les sols et le sel dans les océans" sont deux des variables clé liées au cycle de l'eau sur Terre, "avec un impact sur la météorologie et le climat", explique l'ESA dans un communiqué, soulignant que SMOS permettra de faire des mesures globales pour toute la planète.

Selon Yann Kerr, responsable scientifique de la mission SMOS au Centre d'études spatiales de la biosphère (Cesbio), "le réchauffement climatique est un fait" mais ses conséquences sur le cycle de l'eau (précipitations, évaporation, ruissellement, infiltration dans le sol, stockage...) "sont incertaines". D'où la nécessité d'avoir de "meilleures données" pour bâtir des modèles climatiques fiables.

"La disponibilité en eau a une contribution plus importante que la température elle-même sur le changement climatique" fait-il valoir.

L'estimation de la teneur en eau des sols, dans la "zone des racines", jusqu'à un à deux mètres de profondeur, est essentielle pour améliorer les prévisions météorologiques et anticiper les risques d'inondations, sécheresses ou vagues de chaleur.

SMOS permettra d'établir des cartes de l'humidité du sol avec une résolution moyenne de 43 km. Depuis son orbite polaire à environ 758 km d'altitude, le satellite balayera la totalité de la surface du globe en trois jours. Il mesurera les variations du taux de sel dans les eaux superficielles des océans et leur impact sur la circulation globale des eaux à la surface du globe.

Comparé à un gigantesque tapis roulant océanique, le mouvement de plongée des eaux froides et denses, et de remontée des eaux chaudes régule le climat de la planète. Un ralentissement de cette ronde des eaux, qui mettent jusqu'à mille ans à revenir à leur point de départ, aurait des répercussions sur le climat.

Les données de SMOS seront exploitées par les scientifiques et les professionnels de la météo mais aussi le monde agricole, les pêcheurs et les navigateurs.

D'un coût de 315 millions d'euros, lancement compris, SMOS fait partie d'un programme commun d'observation de la Terre associant l'ESA et les agences spatiales française (CNES) et espagnole (CDTI). n premier satellite inclus dans ce programme lancé en mars, mesure avec précision la gravité terrestre pour aider à prévoir les séismes et mieux connaître les courants océaniques.

En février prochain doit être lancé un troisième satellite, Cryosat 2, qui mesurera l'épaisseur des glaces de mer.

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