Le tribunal irakien requiert la peine de mort contre Saddam

Le procureur général du Haut tribunal pénal irakien a requis lundi la peine de mort contre le président déchu Saddam Hussein, son demi-frère Barzan al-Tikriti et l'ancien vice-président Taha Yassine Ramadan.

(afp) Le procureur Jaafar al-Moussaoui a requis ces peines après un long réquisitoire pendant lequel il a affirmé que ces trois accusés, sur les sept jugés, étaient responsables du massacre de 148 villageois chiites dans les années 1980. Il a affirmé que les prévenus devaient être jugés sous quatre accusations: meurtre avec préméditation, emprisonnement et graves privations, tortures et exil forcé. "Ce sont des crimes contre l'humanité étant donné qu'ils ont eu lieu dans le cadre d'une campagne organisée et ordonnée par les autorités contre un groupe de civils", a-t-il soutenu.

Selon M. Moussaoui, il n'y a pas eu d'enquête judiciaire proprement dite après l'attaque contre le convoi de Saddam Hussein en 1982 dans le village de Doujail, au nord de Bagdad, qui a déclenché la répression contre les habitants.

Il y a eu, selon lui, "une violente campagne contre les habitants qui ont subi meurtres, destructions de biens et ont été forcés à l'exil intérieur". "Les tortures pendant les interrogatoires ont coûté la vie à 46 personnes", a-t-il affirmé, ajoutant que leurs noms avaient été ajoutés ensuite à la liste de 148 condamnés à mort qui ont été exécutés. "Au même moment, 399 personnes, des vieux, des femmes et des enfants ont été parqués dans un camp proche des frontières avec l'Arabie saoudite où ils sont restés jusqu'en 1986" vivant dans des conditions très difficiles. "On se demande si ces mesures étaient légales et proportionnées avec le simple incident qu'a été les tirs" contre le convoi de Saddam Hussein, a lancé le procureur. "A l'examen de ces mesures, on peut les qualifier de véritable opération militaire impliquant les services de renseignement, des services de sécurité et l'armée populaire (un corps paramilitaire lié au parti Baas alors au pouvoir)", a-t-il dit. "Les accusés étaient conscients de ce qu'ils faisaient et leurs opérations ont eu un caractère systématique", a encore dit M. Moussaoui en affirmant que plusieurs d'entre eux se sont rendus à Doujail pour participer à la répression.

(photo: belga)

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