Les bombardements barrent la route à l'aide humanitaire au Liban

Les derniers raids aériens israéliens au Liban ont coupé un "cordon ombilical" pour l'acheminement de l'aide humanitaire et ont interrompu des évacuations vers la Syrie, ont déploré vendredi plusieurs organisations humanitaires.

Un des ponts détruits ce vendredi par l'aviation israélienne au nord de Beyrouth - Photo Belga

L'aviation israélienne a bombardé vendredi quatre ponts sur la voie littorale rapide entre Beyrouth et le nord du pays, essentiels au trafic entre le Liban et la Syrie.

"C'était la voie d'approvisionnement principale pour le HCR, toutes nos fournitures viennent de Syrie", a souligné Jennifer Pagonis, porte-parole du Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés.

"Des dommages importants ont été causés à la route, avec pour résultat qu'aujourd'hui on ne peut pas acheminer des secours de Arida, de la Syrie vers Beyrouth", a renchéri Christiane Berthiaume, porte-parole du Programme alimentaire mondial.

Elle a ajouté que l'Onu voulait envoyer sur place une équipe pour évaluer les dégats et vérifier si on pouvait emprunter d'autres routes secondaires entre le Liban et la Syrie, mais que les forces israéliennes n'avaient pas donné leur accord.

"Nous n'avons pas eu l'autorisation de vérifier la route entre Beyrouth et Arida (Syrie) qui est vraiment le cordon ombilical pour faire parvenir de l'aide au Liban", a déclaré Mme Berthiaume.

"Les incidents comme ceux de cette nuit montrent qu'il faut absolument qu'on puisse trouver d'autres points d'entrée par voie maritime et aérienne pour acheminer des vivres à l'intérieur du Liban", a-t-elle ajouté.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a pour sa part indiqué que les bombardements l'avaient forcée à interrompre l'évacuation vers la Syrie de travailleurs migrants philippins et sri-lankais fuyant le conflit. Un convoi de 720 personnes devait partir vendredi en direction de la Syrie.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué qu'elle avait dû elle aussi suspendre le départ de Syrie vers le Liban, prévu samedi, d'un convoi de matériel médical destiné à 13.000 personnes.

La porte-parole du HCR a averti que 800.000 personnes déplacées par les combats vers le nord du Liban "auront aussi besoin d'aide". Selon le HCR, 140.000 Libanais sont désormais en Syrie.

Les agences de l'Onu se tournent maintenant vers des transports aériens et maritimes pour acheminer l'aide. Ainsi un avion cargo C-130 de l'armée de l'air portugaise a commencé vendredi à assurer une rotation par jour pendant quatre jour pour amener des stocks de l'Onu de Brindisi (Italie) à Beyrouth, a indiqué Mme Berthiaume.

Un cargo grec a aussi été affrété pour transporter des fournitures de Brindisi au port libanais de Tyr via Chypre.

Enfin, l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) a annoncé avoir lancé une campagne pour vacciner contre la polio et la rougeole plusieurs dizaines de milliers d'enfants déplacés par le conflit.

L'Onu a réitéré vendredi son appel à un cessez-le-feu pour faciliter le travail des humanitaires. "Le problème fondamental aujourd'hui est l'accès à la population", a souligné Marie Heuzé, porte-parole de l'Onu à Genève.

"Les Nations unies, a-t-elle ajouté, ont répété sans relâche depuis le 12 juillet que les combats doivent cesser et que les humanitaires, et tous leurs partenaires privés et publics, doivent pouvoir atteindre" les personnes qui ont besoin d'aide.

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