Les chantiers économiques de la Chine

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Selon un rapport de l'OCDE, la Chine se sort remarquablement bien de la crise mondiale, notamment grâce à une réaction de politique macroéconomique "prompte et vigoureuse" et à un ajustement rapide du marché du travail.

Bruxelles (L'Echo) - L'économie chinoise va bien, merci pour elle. Dans son rapport sur la Chine, l'OCDE dresse l'état de santé celle qui devrait devenir cette année la deuxième économie du monde, devant le Japon. Selon le "2010 OECD Economic Survey of China", la Chine se sort "remarquablement bien" de la crise mondiale, notamment grâce à une réaction de politique macroéconomique  "prompte et vigoureuse" et à un ajustement rapide du marché du travail. Parallèlement, Pékin a poursuivi ses réformes structurelles "sur un large front", ces dernières années. Avec une attention toute particulière sur la cohésion sociale.

Mais l'organisation mandatée par les gouvernements du monde industrialisé souligne que les autorités chinoises ont encore de gros pains sur la planche :

  1. Politique monétaire. Pour l'OCDE, la Chine se concentre trop sur la croissance monétaire. Les autorités chinoises devraient moins mettre l'accent sur un contrôle de liquidités " quantitatif " et plus sur les taux d'intérêt. " Autoriser plus de flexibilité des taux de change et mettre plus de poids sur un objectif d'inflation offrirait un plus grand éventail d'action pour adapter la politique monétaire aux conditions macroéconomiques ", estime l'OCDE.
  2. Marchés financiers. Pour l'organisation, la Chine a fait beaucoup de progrès en matière financière : les institutions chinoises sont " généralement plus fortes et mieux régulées qu'il y a quelques années et le système financier s'ouvre graduellement ". Mais l'OCDE aimerait voir Pékin poursuivre ses réformes : relever le plafond des investissements étrangers dans ce secteur, créer un système d'assurance des dépôts pour les banques commerciales, etc.
  3. Barrières. Si la concurrence est " robuste " dans de nombreux secteurs, l'OCDE constate que les barrières sur les marchés de marchandises restent globalement élevées, ce qui pourrait " endiguer la croissance à long terme ". La concurrence peut encore être améliorée en " desserrant les liens traditionnels entre les entreprises d'Etat et les autorités centrales ", ou encore en abaissant les barrières aux investissements directs étrangers dans les services.
  4. Défragmentation. L'OCDE reconnaît par ailleurs les efforts faits par les autorités chinoises et toujours en cours en matière sociale : éducation, sécurité sociale, etc. Mais l'organisation recommande qu'une attention particulière soit mise à la défragmentation de l'assistance sociale et des systèmes de santé et de pension.
  5. Mobilité. Elle enfin aussi le besoin de mobilité du travail de la Chine : " le marché du travail est costaud mais fragmenté ", estime l'organisation. Notamment parce que les travailleurs qui migrent des campagnes vers les zones industrielles n'ont pas les mêmes droits que les citadins, notamment en termes d'accès aux services sociaux.

 

Frederic.rohart@lecho.be

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