Les explosifs liquides sont difficiles à détecter

Assez faciles à se procurer, les explosifs liquides, comme ceux qui devaient être utilisés contre des avions entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, restent difficiles à détecter, soulignent des experts européens.

(afp) Cette pratique "inhabituelle et tout à fait innovante de préparer des attentats" qui "jusqu'à présent n'a jamais abouti", va nécessairement impliquer "une augmentation des mesures de sécurité aérienne", note Fernando Reinedes, expert espagnol de l'Institut Elcano.

Les explosifs liquides sont "très faciles à acquérir sur le marché, pas chers" et "il suffit d'une petite détonation, et donc d'une petite quantité d'explosif pour anéantir un avion et tuer 500 personnes, beaucoup moins que pour un train", affirme M. Reinedes.

Selon lui, ces "éléments peuvent passer inaperçus" lors des contrôles, "en les faisant passer par les portiques de sécurité, qui ne détectent que les objets métalliques, dans une poche par exemple".

"La plupart des aéroports ne sont pas encore équipés pour détecter ces explosifs", fait également observer Ehud Keinan de l'institut Technion en Israël, dans le journal Times en ligne.

Pour l'heure, deux possibilités sont évoquées dans le complot qui consistait à faire exploser des avions en vol, mais rendre public des détails serait faire preuve de "négligence parce que nombre de substances chimiques ne sont pas détectables à travers les appareils techniques", selon Peter Elsner, expert de l'institut allemand Fraunhofer de chimie et de technologie.

Il s'agirait d'une part de la nitroglycérine, qui peut être cachée dans une bouteille de shampoing ou de gel capillaire. Le détonateur peut être actionné par une mèche lente allumée avec un briquet, ou par un choc électrique provoqué par une petite pile, dissimulée dans un téléphone portable ou un lecteur MP3.

Mais ce liquide huileux et jaunâtre, explosif à effet de souffle, est "très sensible et difficile à transporter" en raison de son risque d'explosion prématurée, a indiqué un autre expert de l'institut Fraunhofer.

Pour la stabiliser, il est nécessaire de la combiner à d'autres substances comme la nitrocellulose.

D'autre part, selon des experts de la lutte antiterroriste cités par ABC News, le complot prévoyait au moins deux types de produits chimiques liquides, dissimulés dans des bouteilles de boissons énergétiques puis mélangés pendant le vol. Le flash d'un appareil photo jetable devait être utilisé pour actionner le détonateur.

"Il est couramment convenu que 500 ml d'explosifs suffisent pour faire un trou dans la paroi d'un avion", a déclaré à l'AFP Ulrike Rockland, de l'institut fédéral pour la recherche des matériaux à Berlin.

En mélangeant divers composants, tels que l'acétone, le salpêtre ou l'acide sulfurique, il est, selon elle, "relativement facile de fabriquer des explosifs", mais la plupart des substances explosives ne sont pas disponibles dans le commerce.

Avec du sel, des nettoyants au chlore, des produits antigel ou de l'aspirine, on peut fabriquer des explosifs aussi puissants que du TNT, selon l'institut Fraunhofer. Si les recettes pour confectionner une bombe foisonnent sur internet, "il n'est pas si facile de fabriquer des explosifs liquides sans avoir des notions en chimie", selon Mme Rockland.

En principe et à condition qu'ils ne soient pas enfermés dans un récipient complètement hermétique, il n'est pas beaucoup plus difficile d'identifier les explosifs liquides que solides avec des systèmes de détection modernes. Des traces sur le récipient ou une effluve s'en échappant suffisent à prouver la présence de telles substances, selon des experts interrogés.

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