Les grandes puissances cherchent à Paris une réponse au défi iranien

Les représentants de six grandes puissances tentaient mercredi à Paris de trouver une réponse au refus de Téhéran d'arrêter l'enrichissement d'uranium, Washington faisant pression pour renvoyer l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'Onu.

(afp) Une rencontre au niveau des ministres des Affaires étrangères américain, français, russe, britannique, allemand et chinois a débuté peu après 15h00 au Quai d'Orsay, siège du ministère français des Affaires étrangères. Avant le début de cette réunion, la chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice a jugée "décevante et incomplète" la réponse apportée mardi par le négociateur iranien Ali Larijani, lors d'une rencontre à Bruxelles avec le haut représentant diplomatique de l'Union européenne, Javier Solana.

M. Solana a lui-même fait savoir mardi que ses entretiens avec l'émissaire iranien sur les propositions des grandes puissances avaient été "décevants". Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a campé sur ses positions, en réaffirmant, peu avant la réunion de Paris, que son pays ne négocierait pas ses "droits indéniables" à un programme nucléaire. La réponse des Six sera vraisemblablement de relancer le Conseil de Sécurité de l'ONU, mais l'Iran peut toujours revenir à la table des négociations, à condition de suspendre l'enrichissement, a expliqué Mme Rice.

"Si en fait, nous ne sommes pas sur la voie des négociations, si les Iraniens ont décidé de ne pas emprunter cette voie, nous n'aurons pas d'autre choix que de revenir au Conseil de sécurité", a estimé la secrétaire d'Etat. A Rome, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan a appelé mercredi l'Iran a donner "rapidement" une réponse à la proposition des grandes puissances.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a quant à lui souhaité, depuis Moscou, que les négociations entre Téhéran et les six grandes puissances commencent "le plus tôt possible". Les six pays (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne) ont présenté le 6 juin une offre de coopération technologique et commerciale, subordonnée à la suspension par Téhéran de tout enrichissement d'uranium. Cette activité sensible peut avoir une finalité militaire et conduire à la bombe atomique, bien que Téhéran assure la réaliser dans le cadre d'un programme strictement civil.

Outre Mme Rice et M. Lavrov, sont présents dans la capitale française les chefs de diplomatie britannique et allemand, Margaret Beckett et Frank-Walter Steinmeier, un vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhang Yesui, ainsi que M. Solana. Une précédente réunion entre les ministres des Affaires étrangères des Six le 1er juin à Vienne, avait abouti à un accord sur le paquet de propositions à présenter à Téhéran.

Le négociateur iranien Ali Larijani a assuré mardi à Bruxelles que les Iraniens jugeaient globalement "acceptable" le "noyau de l'offre" de coopération des grandes puissances, tout en confirmant implicitement qu'ils refusaient la suspension de l'enrichissement comme condition préalable.

photo belga

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