Les Italiens se prononcent sur la dernière réforme de Berlusconi

Les Italiens se prononcent par référendum dimanche et lundi sur la révision de la Constitution léguée par Silvio Berlusconi pour accroître les prérogatives des régions, dénoncée par ses détracteurs comme une menace de "division entre riches et pauvres".

(AFP) Onze semaines après les législatives qui ont porté la gauche au pouvoir, près de 50 millions d'Italiens sont à nouveau appelés aux urnes. Le scrutin se déroule sur deux journées, et dimanche soir, deux heures avant la suspension du scrutin, près de dix millions (22,4%) s'étaient déjà prononcés, a annoncé le ministère de l'Interieur. Les électeurs sont invités à cocher d'une croix une des deux cases du bulletin de vote: "Oui" ou "Non". Un choix simple, mais lourd de conséquences pour M. Berlusconi. Contraint de céder le pouvoir à la gauche dirigée par Romano Prodi après sa défaite aux législatives des 9 et 10 avril, M. Berlusconi a vu ses rêves de revanche s'évanouir avec les défaites des partis de la droite aux municipales organisées fin mai et joue avec ce référendum son leadership sur l'opposition. "Le dernier duel entre Prodi et Berlusconi", comme l'a qualifié le quotidien économique 'Il Sole 24 Ore', connaîtra son dénouement lundi en fin d'après-midi, pendant la rencontre opposant l'Italie à l'Australie pour le Mondial de Football. L'ancien chef du gouvernement a décidé de voter lundi. Il pourra le faire de 07h00 à 15h00. Le référendum est consultatif et son résultat sera validé quel que soit le taux de participation. Les Italiens semblent décidés à voter, car "il s'agit de la Constitution et c'est un vote important", ont souligné dimanche matin de nombreux électeurs. La réforme modifie 50 articles de la Constitution de 1947. Elle a été adoptée au Parlement par les seuls partis de la droite, ce qui a permis l'organisation du référendum, voulu par la gauche pour faire annuler une "menace pour la cohésion du pays". Elle a été taillée sur mesure pour M. Berlusconi, qui déplorait lorsqu'il dirigeait l'Italie de ne pas avoir les pouvoirs de son ami le Premier ministre britannique Tony Blair. Et elle accorde de larges prérogatives aux vingt régions dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la police, premier pas vers le fédéralisme voulu par la Ligue du nord.

(Photo: Belga)

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