Les quinze marins britanniques ont quitté l'Iran

Les marins, 14 hommes et une femme, sont partis à bord d'un vol de la British Airways qui était attendu vers midi (11H00 GMT) à Londres. Comme toute l'affaire, ce départ a été largement médiatisé en Iran.

(afp) Les quinze marins britanniques détenus depuis le 23 mars par l'Iran sous l'accusation d'avoir pénétré dans ses eaux territoriales ont quitté Téhéran jeudi pour Londres, après deux semaines d'une grave crise diplomatique.

Lors d'une cérémonie au pavillon officiel de l'aéroport, en présence de l'ambassadeur britannique Geoffrey Adams, les marins ont reçu des cadeaux du président Mahmoud Ahmadinejad et des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime qui les avait capturés dans les eaux du Golfe.

"En voyant les montagnes et les paysages de Téhéran, j'ai compris que l'Iran est un beau pays et je vais essayer de revenir", a déclaré Faye Turney, 26 ans, la seule femme du groupe, citée par la télévision.

"J'étais tellement content que je n'ai pas pu dormir de toute la nuit", a assuré un de ses compagnons, le commandant Felix Carman.

"Je dirai à la presse britannique la même chose que j'ai dit ici. La vérité est que nous avons été très bien traités", a ajouté un troisième marin.

Le président Ahmadinejad avait annoncé mercredi lors d'une conférence de presse la "grâce" et la libération des marins, affirmant qu'il s'agissait d'un "cadeau" au peuple britannique.

Téhéran affirme que les marins ont été arrêtés dans ses eaux territoriales, mais Londres a toujours soutenu qu'ils effectuaient ce jour-là une mission de routine dans les eaux irakiennes à l'embouchure du Chatt al-Arab, le fleuve séparant l'Iran de l'Irak.

Cette affaire a provoqué une grave crise entre l'Iran et la Grande-Bretagne, et envenimé encore les relations entre Téhéran et la communauté internationale après le vote en mars de nouvelles sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU contre l'Iran pour son refus de suspendre ses activités nucléaires sensibles.

Tout au long de la crise, l'Iran largement fait usage de propagande médiatique, diffusant de manière répétée à la télévision des images des captifs et des "témoignages" dans lesquels les marins reconnaissaient être entrés dans les eaux iraniennes.

Après sa conférence de presse mercredi, M. Ahmadinejad avait serré la main de certains des marins, vêtus pour l'occasion de costumes civils.

"Je suis content de vous rencontrer. Nous sommes très reconnaissants pour cette grâce", a déclaré l'un des Britanniques.

"C'était un voyage forcé", a plaisanté le président en parlant à un autre marin, qui a répondu: "Je ne le dirais pas de cette façon mais vous pouvez le dire comme cela".

Le Premier ministre britannique Tony Blair s'est dit "ravi" de cette libération. "Depuis le début, nous avons adopté une approche mesurée - ferme mais calme, pas de négociation mais pas de confrontation non plus", a-t-il dit.

Le président américain George W. Bush a "salué la nouvelle", alors que l'Union européenne y a vu "un début" qui permet d'envisager "d'autres coopérations" entre la République islamique et la communauté internationale.

M. Ahmadinejad n'a fait aucune allusion mercredi à des excuses des autorités britanniques, qu'il avait réclamées à plusieurs reprises.

Selon lui, le "gouvernement britannique, dans une lettre, s'est engagé à ne pas recommencer de tels incidents".

Il a aussi démenti toute rumeur de tractations mettant en jeu les cinq Iraniens capturés en Irak en janvier par les forces américaines.

Les marins "ont été graciés par la République islamique et cela n'a rien à voir avec les analyses des médias et il a été décidé de les libérer de manière unilatérale", a affirmé le président.

C'est la deuxième crise de ce genre entre l'Iran et le Royaume-Uni. Huit soldats britanniques avaient été capturés le 21 juin 2004 dans les eaux territoriales iraniennes du Chatt al-Arab et relâchés trois jours plus tard après avoir subi un simulacre d'exécution./

Photo EPA

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