Les talibans disent avoir exécuté l'interprète de Mastrogiacomo

Le porte-parole du mollah Dadullah, un des principaux chefs talibans, a affirmé à l'AFP que les rebelles avaient exécuté dimanche l'interprète afghan de l'ex-otage italien Daniele Mastrogiacomo en raison du refus des autorités afghanes de négocier.

(belga) "Nous avons tué Adjmal Naqshbandi dimanche à 15H05 (10H35 GMT). Il a été décapité dans le district d'Hazar Joft (province d'Helmand, sud)", a déclaré au téléphone Shoabuddin Atal. Aucune preuve de cette exécution ne pouvait dans l'immédiat être obtenue et l'organisation italienne PeaceReporter a, à cet égard, appelé à la "prudence" sur cette information dont elle n'avait pas eu "confirmation". Shoabuddin Atal a expliqué que les talibans avaient décidé de tuer l'interprète afghan du reporter italien du quotidien La Repubblica avant l'expiration de l'ultimatum lundi en raison du refus des autorités afghanes de négocier la libération de certains de leurs militants comme ils l'exigeaient. "Nous avions déjà repoussé à deux reprises l'échéance de l'ultimatum, mais le gouvernement ne nous a jamais contactés pour des négociations", a-t-il dit. "Nous savions qu'il (le gouvernement) ne nous contacterait pas et nous avons donc tué (Naqshbandi). Peu importe que cela soit aujourd'hui ou demain, nous savions que le gouvernement ne s'intéressait pas à son sort", a poursuivi ce porte-parole. Le ministère afghan de l'Intérieur était injoignable dans l'immédiat. Adjmal Naqshbandi, 23 ans, avait été enlevé le 5 mars dans la province d'Helmand, place forte des insurgés, avec l'envoyé spécial du quotidien La Repubblica Daniele Mastrogiacomo. Ce dernier a été relâché le 19 mars contre la libération controversée de cinq rebelles, après avoir vu son chauffeur Sayyed Agha, accusé d'"espionnage", être décapité par les talibans. L'annonce de l'exécution du chauffeur de l'Italien avait été faite par le porte-parole du mollah Dadullah, considéré comme étant le plus brutal des chefs talibans et qui a supervisé cette prise d'otages. Le président afghan Hamid Karzai avait assuré vendredi qu'il n'y aurait plus d'échange de prisonniers avec les talibans après les vives critiques adressées par Londres et Washington à la suite de la libération du journaliste italien. Des associations de presse avaient également critiqué un tel échange, craignant qu'il n'incite les talibans à multiplier les enlèvements. Les proches de Sayyed Agha et d'Adjmal Naqshbandi avaient eux fustigé les autorités afghanes pour avoir négocié la libération de l'Italien mais pas celle de ses deux guides afghans. Deux semaines après la libération de l'Italien, deux volontaires français de l'ONG Terre d'enfance et trois accompagnateurs afghans ont été enlevés mardi sur une route de la province de Nimroz (sud-ouest) et transférés dans celle voisine d'Helmand, place forte des insurgés, selon les autorités de Nimroz. Un porte-parole habituel des talibans, Youssouf Ahmadi, avait déclaré plus tôt dimanche à l'AFP que les talibans voulaient "régler le cas" de Naqshbandi avant de prendre une décision sur le sort des Français et de leurs accompagnateurs afghans.

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