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Liban: toujours fragile, la trêve entre dans sa deuxième semaine

La trêve, qui a mis fin à 34 jours de guerre au Liban est entrée lundi dans sa deuxième semaine, mise en péril par l'absence d'une force internationale que les Etats-Unis veulent voir se déployer "aussi vite que possible" et dont l'Italie se dit prête à prendre les rênes.

(Kofi Annan - Photo: Belga)

(AFP) - Le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, multiplie les contacts avec les dirigeants internationaux pour assurer la mise en oeuvre de la résolution 1701 sur le Liban et pourrait se rendre au Proche-Orient prochainement, à une date qui n'est pas encore fixée mais en tout cas pas avant le retour des deux émissaires de l'Onu au Proche-Orient prévu au milieu de la semaine, a indiqué lundi le porte-parole de M. Annan, Stéphane Dujarric. Si elle a permis la fin des hostilités, la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'Onu est encore loin d'être complètement appliquée, notamment la disposition qui prévoit le déploiement dans le sud du Liban de 15.000 Casques bleus, que de nombreux pays hésitent à fournir.

Lundi, le président George W. Bush a souhaité que cette force internationale se déploie "aussi vite que possible" pour consolider une trêve toujours fragile. "Le besoin est urgent", a-t-il déclaré. Face aux hésitations de la France à en prendre le commandement, ce rôle pourrait échoir à l'Italie qui s'est officiellement portée volontaire lundi. "J'ai confirmé la disponibilité italienne au commandement de la mission de l'Onu", a dit le chef de son gouvernement, Romano Prodi, après un entretien téléphonique avec le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. "Je n'ai pas dit que l'Italie commanderait la mission, je dis que l'Italie fera son devoir", a-t-il précisé.

Preuve de la précarité sur le terrain, l'armée israélienne a affirmé le même jour avoir tué au moins deux membres du Hezbollah accusés d'avoir eu une attitude "menaçante", à 4 km à l'intérieur du territoire libanais. Un porte-parole de la milice chiite a toutefois démenti cette information. Le week-end, Israël et le Liban se sont mutuellement accusés de violer la trêve que l'Onu a elle-même qualifiée de "fragile". Les troupes israéliennes se sont retirées de l'essentiel des territoires libanais conquis après le déclenchement de l'offensive le 12 juillet, mais elles restent présentes dans le voisinage immédiat de la frontière, dans l'attente des Casques bleus. Lundi, elles occupaient au moins neuf positions le long de la frontière, selon un journaliste de l'AFP.

Le Liban a tenté de rassurer la communauté internationale, réticente à envoyer des troupes, en promettant de poursuivre pour trahison toute personne qui tirerait des roquettes sur Israël, allusion au Hezbollah qui refuse de déposer les armes. Son représentant en Iran, Abdullah Safieddin, a affirmé lundi que la milice chiite "ne désarmerait pas" et pourrait toujours "importer des armes". Cible de l'offensive israélienne, la milice chiite a tiré en un mois de guerre 4.000 roquettes sur le nord d'Israël depuis le sud du Liban, sans être mise en déroute. La résolution 1701 a permis un arrêt des combats, mais sans véritable cessez-le-feu.

Plusieurs de ses dispositions essentielles restent aujourd'hui lettre morte, dont la création d'une nouvelle Force internationale des Nations unies au Liban (Finul), avec des effectifs portés de 2.000 à 15.000 hommes et un mandat élargi, le désarmement du Hezbollah et la levée du blocus israélien sur le Liban. Seul le déploiement de 15.000 soldats libanais dans le sud du pays, fief de la milice chiite, a commencé le 17 août. A New York, l'Onu peine toujours à rassembler les éléments d'une avant-garde de 3.500 hommes qu'elle veut envoyer dans le sud du Liban avant le 28 août. Seule la France a envoyé 200 hommes en renfort, décevant les espoirs de l'Onu qui comptait sur elle pour fournir l'ossature de la force.

"J'espère que (les Français) engageront davantage de troupes", a répété M. Bush lundi. Les Etats-Unis n'ont pas eux-mêmes prévu d'envoyer de soldats au Liban mais ils vont porter à 230 millions de dollars leur aide à la reconstruction de ce pays, a précisé M. Bush. A la demande de la France, la présidence finlandaise de l'Union européenne va réunir mercredi à Bruxelles ses partenaires européens qu'elle veut convaincre de participer plus généreusement à la future force, appelée à renforcer l'actuelle Finul, déployée au Liban depuis 1978. Craignant de tomber dans un guêpier, de nombreux pays hésitent à s'engager militairement. Susceptible de se substituer à la France jusqu'alors pressentie pour diriger la force multinationale, l'Italie s'inquiète, tout comme les dirigeants français, de voir au préalable réunies sur le terrain les conditions du succès de la mission. M. Bush et M.

Prodi ont tous deux évoqué lundi la possibilité de recourir à une deuxième résolution pour répondre aux questions qui subsistent, notamment sur le mandat de la nouvelle Finul et sur ses règles d'engagement. En Israël, les ratés de la guerre, qui a coûté la vie à près de 1.300 personnes au Liban et à plus de 150 Israéliens, et provoqué d'énormes destructions au Liban, ont gravement ébranlé le gouvernement. La conduite de l'offensive militaire va y faire l'objet d'une enquête du contrôleur de l'Etat qui publiera en principe un rapport non contraignant mais dont les conclusions ont généralement un poids considérable. Dimanche, l'Etat hébreu a annoncé qu'il poursuivrait ses opérations militaires au Liban pour empêcher les fournitures d'armes au Hezbollah, et s'est dit prêt à un "second round" d'hostilités.

(photo: belga)

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