Londres se souvient, un an après les attentats

Avec des fleurs et des larmes, des milliers de Londoniens ont rendu hommage vendredi aux victimes des attentats qui ont fait plus de 50 morts le 7 juillet 2005, interrompant leurs activités pour marquer leur solidarité.

(afp) A l'heure précise où trois bombes avaient explosé dans le métro, la ministre de la Culture Tessa Jowell et le maire de Londres Ken Livingstone ont tour à tour déposé une gerbe de fleurs devant la gare de King's Cross d'où étaient partis les auteurs des attentats.

Ils se sont ensuite inclinés en silence, accompagnés par des milliers de Londoniens qui brièvement ont interrompu leur trajet vers le travail, certains déposant au passage un bouquet de fleurs.

"Je ne connaissais personne. Mais j'ai déposé des fleurs comme marque de respect, parce que cet événement a uni Londres en tant que communauté", expliquait Tim Cousins, 25 ans, analyste financier.

A la même heure, la cloche de la cathédrale St Paul, dans la City, a retenti.

La même émotion était palpable à 09h47 quand le maire a déposé une autre gerbe de fleurs à Tavistock Square, à l'heure précise où un quatrième attentat avait décapité un autobus à impériale et tué 13 personnes.

Là encore, de très nombreux Londoniens s'étaient massés alentour en un hommage silencieux. Le pays tout entier devait ensuite se figer pour deux minutes de silence à midi.

A Regent's park, des centaines de personnes sont également venues déposer des oeillets violets, pour réaliser une immense fresque florale en hommage aux victimes. Parmi elles, Julie Willis, une professeur de 38 ans, venue monter que "même un an après, ils sont toujours dans mes pensées".

Les attentats de Londres, commis par quatre jeunes musulmans britanniques issus de l'immigration, ont tué, le 7 juillet 2005, 56 personnes (y compris les quatre kamikazes) et fait plus de 700 blessés.

Vendredi, le chef de Scotland Yard Ian Blair a souligné que depuis, la menace terroriste s'était accrue "de manière tangible", venant à la fois "de l'extérieur et de l'intérieur" du pays.

Il a rappelé que depuis le 7 juillet, trois complots "sérieux" avaient été déjoués, et ajouté que le risque d'un nouvel attentat était "très réel".

"Au moment où nous parlons, il y a des gens au Royaume-Uni qui préparent d'autres atrocités", a-t-il encore affirmé.

Et il a condamné la diffusion jeudi d'une vidéo mettant en scène l'un des auteurs des attentats, Shahzad Tanweer, 22 ans, qui était mort dans l'explosion de sa bombe il y a un an, avec sept autres passagers du métro à la station Aldgate.

M. Blair s'est dit choqué par la date choisie pour la diffusion de cette vidéo posthume, à la fois pour les victimes et pour les musulmans modérés en Grande-Bretagne, mais il a estimé que cette vidéo ne prouvait pas qu'Al-Qaïda était responsable des attentats de Londres.

"C'est une organisation très opportuniste, et ils peuvent très bien avoir assemblé cette vidéo pour faire comme s'ils étaient impliqués. Mais il est aussi très possible qu'ils y aient mis la main", a-t-il ajouté

(photo: belga)

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