Match nul pour un duel Royal-Sarkozy âpre et sans concession

Le candidat de droite Nicolas Sarkozy et la socialiste Ségolène Royal se sont affrontés sans concession mercredi soir notamment sur l'économie et la sécurité lors d'un face-à-face télévisé souvent tendu à quatre jours du second tour de la présidentielle en France. Pour la presse comme pour les politologues, la rencontre n'a sans doute pas bouleversé la donne.

(afp) Le candidat de droite Nicolas Sarkozy conservait jeudi son statut de favori pour la présidentielle française au lendemain d'un débat télévisé âpre et sans concession avec la socialiste Ségolène Royal, qui s'est globalement soldé par un match nul selon les analystes.

Durant ce débat de 2H40, unique face-à-face entre les deux finalistes avant le scrutin de dimanche, Mme Royal a surpris par sa pugnacité, cherchant à prouver qu'elle était à la hauteur de la charge qu'elle convoite, tandis que M. Sarkozy est parvenu à afficher jusqu'au bout calme et sérénité, afin de ne pas donner prise aux accusations d'arrogance ou de "brutalité".

Mais, pour la presse comme pour les politologues, la rencontre n'a sans doute pas bouleversé la donne, à l'inverse de ce que pouvait espérer Mme Royal alors que tous les sondages donnent son rival gagnant avec 52 à 53% des voix.

Qualifiant à la Une le débat de "musclé", le journal populaire Le Parisien relevait jeudi que chaque protagoniste "a joué à contre-emploi", sans marquer pour autant de point décisif.

"Précis, sûr de lui, Sarkozy ne s'est pas laissé aller à l'excès de satisfaction qui aurait pu tout faire basculer. Floue souvent, agressive parfois, Royal n'a pas commis l'erreur grave qui l'aurait fait décrocher" estimait Le Figaro (droite).

"Nicolas Sarkozy n'a pas perdu. Mais Ségolène Royal a gagné", assurait de son côté Libération (gauche).

La passe d'armes la plus violente a surgi sur un sujet inattendu: l'accueil des enfants handicapés à l'école. Prise de ce qu'elle a qualifié de "saine colère", la candidate socialiste a accusé son adversaire d'atteindre au "summum de l'immoralité politique" en proposant d'instaurer des dispositifs d'aide que le gouvernement de droite aurait en fait supprimé ces dernières années.

M. Sarkozy a répliqué en accusant Mme Royal de "perdre ses nerfs".

Chacun restant dans son rôle, Nicolas Sarkozy s'est dit jeudi matin "un peu étonné d'une certaine agressivité" de Mme Royal. Laquelle, intervenant au même moment sur une radio concurrente, assurait que "beaucoup de choses se sont dégradées" en France et qu'une "fracture républicaine nous menace, en particulier dans les banlieues".

Tous deux se sont néanmoins félicités du débat de la veille, qualifié de "digne" par le candidat de droite et de "moment fort" par la socialiste.

Leur joute a été très largement consacrée à des sujets de politique intérieure -sécurité, santé, économie, choix énergétiques- et les dossiers internationaux -Europe, Iran, Darfour- n'ont été que rapidement abordés en toute fin de débat.

Pour le politologue Didier Maus, le débat a été "extraordinairement hexagonal", centré sur "les préoccupations au jour le jour des Français".

Il a aussi noté que, contrairement à ce qui était attendu, les deux débatteurs se sont peu adressés à l'électorat centriste, qui constitue pourtant une des clés du second tour et où se trouve la plupart des hésitants.

Pour le chercheur Philippe Braud, le débat a traduit la "droitisation de la campagne que l'on avait pu sentir, avec un Nicolas Sarkozy plus à droite que Jacques Chirac", le président sortant, "et Ségolène Royal plus à droite que Lionel Jospin", le prétendant socialiste éliminé dès le 1er tour en 2002.

Après avoir croisé le fer à la télévision, les deux candidats reprenaient jeudi la route des meetings, à Lille (nord) pour Mme Royal et à Montpellier (sud) pour M. Sarkozy, à l'avant-dernier jour d'une campagne harassante s'achevant vendredi soir, à moins de 48 heures du verdict final des 44,5 millions d'électeurs français.

Regardez ici les dix premières minutes du débat

Photo Belga

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