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Mort Saddam:Irak menace de "revoir" ses relations avec pays critiques

(afp) Le gouvernement irakien pourrait "revoir ses relations avec tous les Etats qui n'ont pas respecté la volonté du peuple" sur l'exécution de Saddam Hussein, "affaire interne qui ne concerne que les Irakiens", a déclaré samedi le Premier ministre Nouri al-Maliki.

Le gouvernement "pourrait être obligé de revoir ses relations avec tous les Etats qui n'ont pas respecté la volonté du peuple irakien", a menacé M. Maliki, au cours d'une cérémonie officielle organisée pour le 86e anniversaire de la fondation de l'armée irakienne.

"Nous rejetons et condamnons les réactions, officielles ou au travers des médias, de certains gouvernements", a commenté M. Maliki.

"Nous sommes stupéfaits de ces réactions de certains gouvernements qui pleurent sur le sort du despote sous prétexte qu'il a été exécuté un jour saint, alors qu'il a toujours violé" les fêtes saintes, a-t-il accusé.

"Nous estimons qu'il s'agit là d'une insidieuse sédition, d'une flagrante interférence dans les affaires internes de l'Irak, et d'un affront aux familles des victimes", a-t-il ajouté.

Il s'agit de la première réaction officielle du Premier ministre à l'exécution de Saddam Hussein, pendu le 30 décembre 2006, pendant la fête musulmane de l'Adha, dans une caserne du nord de Bagdad.

Une vidéo pirate de sa mort, diffusée sur internet, a depuis lors suscité l'indignation de la communauté internationale. Cette vidéo, réalisée avec un téléphone portable, révélait notamment que l'ancien président a été insulté et pris à partie par plusieurs témoins.

"Nous considérons l'exécution du dictateur Saddam Hussein comme une affaire interne qui ne concerne que les Irakiens", a jugé le Premier ministre.

"L'exécution du despote n'était pas une décision politique, comme l'affirment les ennemis du peuple irakien. Cette décision a été appliquée après un juste procès, que le dictateur ne méritait pas", a-t-il souligné.

"Nous avons régulièrement déclaré que Saddam Hussein ne représentait aucune composante du peuple irakien. Les crimes qu'il a commis contre le peuple, le pays et ses institutions sont indéfendables", a poursuivi le chef du gouvernement.

"Nous continuerons à appliquer la justice contre ceux qui ont abusé du peuple irakien et qui ont le sang d'innocents sur les mains", a-t-il ajouté.

"Je voudrais également dire quelque chose à propos de toutes ces organisations internationales et de défense des droits de l'homme (qui ont critiqué le procès et l'exécution de Saddam, ndlr): je me demande où elles étaient quand ont été commis les crimes d'Anfal, d'Halabja, avec des armes chimiques, avec des exécutions de masse, des fosses communes", s'est indigné le Premier ministre.

"Ces crimes ont coûté la vie à des milliers d'Irakiens et de citoyens des pays voisins. Pourquoi n'avons nous pas entendu alors toutes ces organisations?", a-t-il lancé.

Saddam Hussein a été condamné à mort et exécuté pour sa responsabilité dans la mort de 148 chiites en représailles d'un attentat contre son convoi présidentiel, en 1982 à Doujaïl, au nord de Bagdad.

Mais il était aussi poursuivi pour génocide devant le Haut tribunal pénal irakien pour avoir ordonné les campagnes militaires Anfal, qui auraient fait 180.000 morts au Kurdistan (nord) en 1987-1988, selon l'accusation.

Les autorités irakiennes étaient également accusées d'être responsables du bombardement chimique de la ville de Halabja, au Kurdistan, qui a fait 5.000 morts en 1988.

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