Nicolas Sarkozy, l'homme qui veut "changer profondément" la France

(afp) Nicolas Sarkozy, 52 ans, qualifié dimanche pour le second tour de la présidentielle française, est depuis plusieurs années l'homme fort de la droite gouvernementale, un hyperactif qui veut une "rupture" pour "changer profondément" le pays.

Entré en politique il y a plus de 30 ans, ce fils d'un émigré hongrois a mis son inépuisable énergie au service d'une ultime ambition: devenir président de la République.

Et il a tout mis en oeuvre pour y parvenir, la première étape étant de prendre la tête du grand parti gouvernemental UMP, créé par Jacques Chirac, en 2004.

Mais "si je suis candidat à la présidence de la République, ce n'est pas pour couronner une carrière politique", a assuré ce fin tacticien, mais "pour agir" et "changer profondément" la France.

Cet avocat de formation met en avant sa volonté de "parler vrai" et d'aborder de front les problèmes concrets des Français, quitte à alimenter les accusations de "populisme".

En tête dans les sondages depuis mi-janvier, "Sarko", comme l'appelle familièrement son entourage, a promis d'être l'artisan d'une "rupture", concept qu'il a adouci en "rupture tranquille" face aux inquiétudes d'une partie de son électorat.

"Rupture" notamment avec le bilan de Jacques Chirac, dont il a pourtant été l'un des ministres durant plusieurs années.

Admirateur de la société américaine, Nicolas Sarkozy veut "inventer un nouveau modèle français" basé sur "la valeur travail" et "réinventer la République". Il prône une "révolution économique" avec une forte baisse des prélèvement obligatoires et promet de faire descendre le chômage à 5% d'ici 5 ans.

Celui qui se revendique de la "droite républicaine" promet aussi de "réhabiliter le travailleur qui a été trop longtemps ignoré par la droite et qui a été trahi par la gauche".

Lors de ses années passées au ministère de l'Intérieur, il a peaufiné son image de "premier flic de France", luttant contre l'insécurité et l'immigration clandestine.

Ses détracteurs lui reprochent de flirter sur ces sujets avec l'extrême droite, des accusations récemment relancées par sa promesse de créer un "ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale".

Nicolas Sarkozy soutient que les Français lui donnent raison d'aborder ces questions. "Je veux pouvoir parler de la nation sans être un nationaliste, de l'immigration sans être un raciste", a-t-il dit, estimant être le seul capable de contenir l'extrême droite.

Une petite phrase restée célèbre sur sa volonté de "nettoyer" les banlieues à problèmes, pour lutter contre la délinquance, et l'emploi du terme de "racailles", l'ont rendu impopulaire auprès de nombreux jeunes d'origine immigrée.

Dans un autre domaine, de récentes déclarations sur les origines génétiques de la pédophilie ont également provoqué un tollé.

Ses partisans louent son énergie, sa détermination. Ses rivaux l'accusent d'être brutal et "dangereux".

Nicolas Sarkozy aime parfois se placer là où on ne l'attend pas: il se prononce ainsi pour la discrimination positive ou se réclame du libéralisme tout en dénonçant "les patrons voyous".

Une seule fois, Nicolas Sarkozy a laissé paraître une certaine fragilité: quand il est venu à la télévision parler de ses "problèmes conjugaux" avec son épouse Cécilia, qui l'a un temps quitté avant de réapparaître à ses côtés.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect