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OMC: les négociations sortent du congélateur et attendent le printemps

Les négociations sur un nouvel ordre commercial mondial vont pouvoir sortir du congélateur, ont décidé samedi les grands acteurs de l'OMC, qui espèrent obtenir au printemps une percée décisive après cinq ans de difficiles tractations autour de l'agriculture.

(afp) Réunis sous la neige en marge du Forum économique mondial de Davos (Suisse), les ministres de 23 pays membres de l'Organisation mondiale du commerce et l'Union européenne (UE) se sont mis d'accord pour reprendre formellement la négociation suspendue en juillet dernier faute de compromis agricole.

"Les participants ont clairement exprimé leur engagement à remettre le cycle de Doha sur les rails et à parvenir à un large accord", a annoncé la ministre suisse de l'Economie, Doris Leuthard, qui présidait la rencontre. "Nous avons des signaux d'engagement clairs et nets", a rapporté le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy.

Aucun compromis n'est intervenu sur le fond de la négociation, les ministres ayant évité d'évoquer les chiffres qui fâchent. Mais une percée pourrait intervenir "en mars/avril", a espéré le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, ou "le plus tôt possible", comme l'a souhaité la représentante américaine pour le Commerce, Susan Schwab.

Le sort des négociations est étroitement lié au calendrier politique américain. Mme Schwab a expliqué qu'elle avait besoin d'avoir en mains les principaux éléments d'un compromis pour pouvoir espérer du Congrès un renouvellement de ses pouvoirs spéciaux de négociation, qui expirent fin juin.

Les 150 pays membres de l'OMC sont engagés depuis 2001 dans le cycle de négociations de Doha, lancé dans la capitale du Qatar pour mettre la libéralisation des échanges au service du développement des pays pauvres. La négociation aurait déjà dû être conclue fin 2004, mais les pays riches rechignent à réduire leurs subventions agricoles qui sapent les prix mondiaux et pénalisent les paysans du Sud.

En juillet, les Etats-Unis avaient été montrés du doigt par leurs partenaires pour avoir refusé de réduire leurs subventions sans une ouverture accrue des autres pays à leurs produits.

"Bien sûr une nouvelle offre américaine se profile", a déclaré M. Lamy, estimant que la négociation "ne se conclura pas sur les bases qui ont fait capoter le processus en juillet dernier".

"Il faudra une nouvelle offre américaine sur les subventions à l'agriculture, une nouvelle offre de l'Union européenne sur les tarifs agricoles et une nouvelle offre indo-brésilienne sur les produits industriels et les services", a-t-il affirmé devant la presse.

Interrogée sur une baisse des subventions, la négociatrice américaine a assuré que Washington était prêt "à faire davantage" si d'autres pays, notamment ceux de l'UE, en faisaient autant. "Nous allons tous devoir aller au-delà de notre mandat pour obtenir un large accord qui générera d'importants flux commerciaux", a reconnu Mme Schwab.

Bruxelles, qui négocie au nom des 27, a réaffirmé sa disposition à réduire de moitié ses droits de douane sur les produits agricoles, alors que la France s'oppose à une baisse de plus de 39%.

"Si les conditions sont réunies, l'Union européenne est prête à jouer son rôle dans l'agriculture", a promis le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, qui a voulu "dire au monde que le cycle de Doha n'est pas mort".

La ministre déléguée de la France au Commerce extérieur Christine Lagarde, qui avait mis M. Mandelson en garde contre toute concession, a quitté Davos en annulant sa conférence de presse, alors que s'achevait le rendez-vous annuel du gratin de la politique et de l'économie mondiales.

Pascal Lamy photo belga

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