On se dirige vers un second tour en Afghanistan

La Commission des plaintes électorales (ECC) a ordonné, dans son rapport publié lundi sur les fraudes à l'élection présidentielle afghane, l'invalidation des bulletins de 210 bureaux de votes sur 25.450, ainsi que d'un "certain pourcentage des voix de chaque candidat".

Bruxelles (l'Echo) - Ces ordres de l'ECC sont adressés à la Commission indépendante électorale (IEC), qui doit ensuite annoncer les résultats officiels du scrutin du 20 août en tenant compte de ces invalidations. Cette annonce est attendue d'ici quelques jours.

Dans tous les documents publiés lundi dans un communiqué de l'ECC, aucun n'indique quel candidat a perdu combien de voix après ces enquêtes pour fraude.

Un diplomate occidental a affirmé à l'AFP que les conclusions de l'ECC font passer le président sortant Hamid Karzaï, jusque-là crédité de 54,6% selon des résultats provisoires, à seulement 48%, ce qui le forcerait donc à disputer un second tour.

L'ECC, contactée par l'AFP, a refusé de confirmer cette information.

Dans un communiqué, l'ECC indique avoir trouvé "des preuves claires et convaincantes de fraudes" dans 210 bureaux de votes (sur 25.450 au total) répartis à travers le pays, dont elle ordonne l'invalidation des bulletins.

Pour les mêmes raisons, l'ECC ordonne à l'IEC l'invalidation d'un "certain pourcentage des voix de chaque candidat", sans donner plus de précisions. C'est cet ordre qui est susceptible de faire chuter M. Karzaï sous la barre des 50% et donc de le forcer à un second tour contre son principal rival, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, qui est crédité, lui, de moins de 28% des suffrages dans les résultats provisoires de l'IEC.

Enfin, l'ECC "a décidé que les votes de 18 bureaux qui avaient été mis en quarantaine par l'IEC devront être inclus dans le résultat (final), car aucune preuve claire de fraude n'y a été découverte", selon le communiqué.

L'UE exhorte Karzaï à accepter si nécessaire un deuxième tour

La présidence suédoise de l'Union européenne a appelé lundi le président afghan sortant Hamid Karzaï à accepter la tenue d'un deuxième tour de l'élection présidentielle si le rapport d'enquête sur les fraudes commises lors du premier tour le juge nécessaire.

"Si les résultats (du premier tour) pointent en direction de la nécessité d'avoir un deuxième tour, un deuxième tour doit être organisé", a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, lors d'une conférence de presse, à l'issue d'un entretien avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Il a souligné "la nécessité pour tous ceux qui prennent part au processus électoral en Afghanistan de respecter pleinement tous les aspects de la procédure", dans un appel du pied transparent à M. Karzaï.

"Cela inclut le travail de la Commission afghane des plaintes électorales (ECC) et celui de la Commission indépendante électorale (IEC)", a-t-il ajouté.

Mais les Européens redoutent que le président sortant refuse de revenir devant les urnes malgré l'ampleur des fraudes.
"Nous avons reçu des informations inquiétantes selon lesquelles il pourrait refuser un deuxième tour", a indiqué à l'AFP un diplomate européen suivant de près cette question.

"Nous voulons souligner clairement au président Karzaï l'importance qu'il y a à garantir la crédibilité et la légitimité du futur président en Afghanistan", a-t-il ajouté, en soulignant que le chef de l'Etat sortant devait "accepter la procédure" électorale dans son pays.

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