Poutine critique l'"ingérence" des "colonisateurs" occidentaux en Russie

Dans son 8e discours à la Nation, le dernier selon toute vraisemblance avant la fin de son mandat en mai 2008, le maître du Kremlin a défendu ses sept années de présidence qui ont fait de la Russie "une des dix plus puissantes économies dans le monde".

(afp) Le président russe Vladimir Poutine a critiqué jeudi les Occidentaux, des "colonisateurs" qui, sous couvert de promotion de la démocratie, font preuve d'ingérence "directe" dans les affaires de l'Etat russe en finançant l'opposition et les ONG de défense des droits de l'Homme.

Soucieux de répondre à l'expansion militaire de l'OTAN à ses frontières et notamment au projet américain de déploiement d'un bouclier antimissile, il a menacé de sortir du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (CFE), un des textes clés régissant la sécurité sur le Vieux Continent après la Guerre Froide.

"Le flux d'argent venant de l'étranger, utilisé pour une ingérence directe dans nos affaires internes, augmente", a-t-il déploré dès le début de son discours d'une heure.

"Il y a ceux qui, en utilisant habilement une phraséologie pseudo-démocratique, aimeraient revenir à un passé proche : les uns pour piller comme avant, sans être châtiés, les richesses du pays, voler les gens et l'Etat, les autres pour priver notre pays de son autonomie économique et politique", a-t-il ajouté à l'adresse des Occidentaux.

"A l'époque du colonialisme, on parlait du rôle civilisateur des Etats-colonisateurs", a ironisé M. Poutine, reprenant un argument qu'il avait déjà utilisé dans le passé.

Les Occidentaux "utilisent des slogans sur la démocratisation, mais le but est le même : l'acquisition de manière unilatérale d'avantages destinés à assurer leurs intérêts propres", selon le président russe.

Maître d'un pays où les séparatismes ont été matés, où le Parlement a vu son rôle réduit à la portion congrue et la presse audiovisuelle a été mise au pas, Vladimir Poutine semble néanmoins craindre la rue et l'organisation d'une révolution pacifique, sur le modèle des mouvements en Ukraine, en Géorgie et au Kirghizstan.

Les manifestations de la mi-avril organisées par le mouvement d'opposition L'Autre Russie, dirigé par l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, s'étaient ainsi terminées par les charges violentes des policiers anti-émeute et l'arrestation de centaines de manifestants.

Auparavant, le Kremlin avait promu une loi entrée en vigueur en avril 2006 qui place les ONG sous le contrôle étroit des autorités.

Plusieurs ONG estiment que la nouvelle législation complique l'obtention d'aides financières étrangères et fournit un prétexte pour éliminer les organisations jugées hostiles aux autorités.

En 2005, le président russe avait usé d'un lexique similaire pour dénoncer les Américains, coiffés d'un "casque colonial", prêts à punir leurs opposants "avec des missiles et des bombes".

Photo Belga

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