Prendre le temps de voter --Correspondance à Paris

Paris (L'Echo) Une demi-heure d'attente dans un gymnase surchauffé… " La commune aurait dû nous offrir des glaces ", sourit une dame qui s'éponge le front. C'est le prix à payer de la modernité : une seule machine à voter pour le bureau n° 10 de la petite ville de Bagnolet, en proche banlieue parisienne et la file d'attente s'allonge. Au point que quelques personnes renoncent à leur devoir de citoyen… Guerrina, 92 ans, ne s'est pourtant pas laissé décourager.

Si ce n'est cet inconvénient, les impressions sont plutôt positives. " C'est le progrès ", estime Momo, 43 ans. " Et cela génère des économies de papier… " Malgré cet a priori favorable, ce Bagnoletais s'interroge sur le fonctionnement de la machine. Régulièrement, Francis, adjoint administratif de la commune, dispense des conseils devant un panneau explicatif pour rassurer les électeurs.

Sonia, 37 ans, ne peut cependant pas s'ôter d'un doute : son vote a-t-il bien été pris en compte ? " Mais, comment vérifier ? ", s'interroge-t-elle. " Et, de toute manière, nous n'avons pas le choix, personne ne nous a demandé notre avis ", tranche-t-elle. Le maire avait pourtant, quelques mois avant le scrutin, organisé des réunions d'information à ce sujet.

Ce qui n'empêche pas Anne-Marie, la fille de Guerrina, de souligner que, sans son intervention, la voix de sa mère n'aurait pas été comptabilisée. Quand la vieille dame est passée dans l'isoloir, aucun sifflement électronique, attestant de la validité du vote et remplaçant le fameux " A voté ", ne s'est fait entendre. Elle a dû recommencer l'opération.

A 20 heures, à la fermeture du bureau de vote, il suffira moins de cinq minutes pour connaître les résultats. Oubliées les heures de dépouillement. Francis ne peut pourtant s'empêcher de regretter malgré tout ces moments particuliers de démocratie au cours desquels des citoyens bénévoles contrôlaient l'élection.

Sylvie Fagnart, à Paris.

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