Présidentielle: duel féroce au 2e tour, selon la presse européenne

La presse européenne dans son ensemble se félicitait lundi de la très forte participation enregistrée au premier tour de l'élection présidentielle française et prédisait un dur affrontement au 2e tour entre les deux candidats arrivés en tête, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.

(AFP) "Nicolas Sarkozy (31% selon les derniers chiffres) reste le favori mais il va devoir batailler bec et ongles contre une candidate socialiste renaissante", note le Guardian. "Ségolène Royal (près de 26%) est à présent en position d'unir son parti et de réinstaller un semblant de discipline", ajoute le journal britannique de centre-gauche. De son côté, le Daily Mail (centre-droit) rappelle que "le taux de participation (environ 85%) enregistré au cours de cette élection offre une opportune leçon à la Grande-Bretagne".

Pour la presse espagnole, et notamment El Pais (centre-gauche), face au "favori", Mme Royal sera condamnée à séduire les électeurs du centriste François Bayrou (plus de 18%) pour l'emporter. "La France a de nouveau démontré qu'elle roule à droite", commentait de son côté l'édition en ligne du quotidien libéral El Mundo. "Sarkozy doit se sentir un gagnant plein de sécurité. Ségolène Royal une gagnante pleine d'espérance", résumait ce journal. Le quotidien Le Soir salue "cinq ans après le 21 avril 2002" le "vent d'espoir qui a soufflé hier sur la France". "Les citoyens, par un jour de si beau temps, sont venus patiemment faire la queue dans les bureaux de vote", se félicite le journal. "S'il n'y avait que cela, ce serait déjà une énorme nouvelle. Le signe qu'après des années de crise, de divorce entre la classe politique et le pays réel, la fracture démocratique a sans doute commencé hier de se réduire", analyse le quotidien.

Pour le quotidien polonais Rzeczpospolita (droite conservatrice), "en se rendant aussi massivement aux urnes, les Français ont prouvé qu'ils voulaient rompre avec un quart de siècle de mitterrandisme et de chiraquisme". Le quotidien allemand de centre-gauche Süddeutsche Zeitung estime que "tout est pourtant de nouveau possible depuis dimanche". Une victoire de la candidate socialiste "sera difficile, mais pas impossible", analyse le journal, qui se félicite que, lors de ce premier tour, "la gauche française a retenu la leçon et ne s'est pas éparpillée comme la dernière fois". Quant à Nicolas Sarkozy, il va désormais "glisser encore plus à droite, pour récupérer (les voix, plus de 10%) de Le Pen", prédit le quotidien de Munich.

Relevant que "cette fois, il n'y a pas eu de surprise", le journal des milieux d'affaires, le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), observe de son côté que "beaucoup dépendra à présent de ce vers qui se tourneront les électeurs de Bayrou - à moins que, déçus, ils ne restent à la maison". En Italie, le quotidien turinois La Stampa fait observer que "cette fois les sondages l'avaient annoncé et ce se sera bien (...) la droite contre la gauche, un gaulliste contre une socialiste". Pour le Corriere della Sera, "le grand perdant du premier tour est Jean-Marie le Pen". "Dans les derniers jours de la campagne ses sympathisants avaient rêvé que le vieux leader pourrait de nouveau jouer un mauvais tour aux socialistes mais il doit se contenter de la quatrième place", rappelle le plus grand quotidien d'Italie.

En Suisse, Le Temps estime que "l'enjeu, ces prochains jours, sera les voix du centre et le ralliement, ou du moins le rapprochement, avec François Bayrou", tandis que "La Tribune de Genève" rappelle que "jamais dans l'histoire de France, a fortiori celle de la Ve République, une femme n'a participé à un second tour d'élections présidentielles.".

"Elle a 15 jours pour prouver par son programme qu'elle porte véritablement le renouveau, qu'elle est habitée par un nouveau socialisme, notamment en matière économique. Sinon ses détracteurs se focaliseront à nouveau sur ses tailleurs. Et ce sera la voie royale pour Sarkozy", note le quotidien de Genève. Enfin, pour le quotidien des affaires russe Kommersant, avec cette élection "la France s'engage sur une nouvelle voie de développement" et choisit un président appartenant à une nouvelle génération née après la Deuxième guerre mondiale. "Peu importe qui va l'emporter (lors du second tour du 6 mai) des changements sont inévitables", ajoute le quotidien.

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