Prodi a présenté sa démission après l'échec de sa majorité au Sénat

Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a présenté mercredi soir sa démission au chef de l'Etat Giorgio Napolitano après l'échec essuyé par sa majorité au Sénat sur la politique étrangère, ouvrant une grave crise politique dans la Péninsule.

(afp) Le chef de l'Etat a annoncé qu'il "réservait sa décision" sur la démission du chef de gouvernement nommé le 16 mai dernier et entamerait dès jeudi des consultations politiques, selon un communiqué de la présidence.

A l'issue de ces entretiens, le président peut décider de maintenir sa confiance au chef du gouvernement sortant, choisir une autre personnalité de la majorité, opter pour un gouvernement technique ou dissoudre le Parlement et donc provoquer de nouvelles élections.

Les dernières législatives qui ont vu la victoire d'extrême justesse de l'Union de la gauche dirigée par Romano Prodi, 67 ans, ont eu lieu en avril 2006 mettant fin à 5 ans de pouvoir de Silvio Berlusconi.

C'est la troisième fois que l'ancien président de la commission européenne est contraint de présenter sa démission après 1997, où le parlement lui avait revoté la confiance, et 1998, où il avait dû céder la place à son allié de gauche Massimo D'Alema.

Le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi a été mis en minorité mercredi lors d'un vote sur la politique étrangère de la chambre haute. Prodi doit remettre "immédiatement sa démission" au chef de l'Etat, avait réagi M. Berlusconi.

"C'est un fait grave, sérieux et préoccupant de ne pas avoir obtenu une majorité suffisante sur le discours du chef de la diplomatie" Massimo D'Alema, avait reconnu le ministre chargé des relations avec le Parlement, Vannino Chiti.

La majorité requise au Sénat pour adopter la motion de soutien aux orientations de politique étrangère était de 160 voix mais le gouvernement n'en a obtenu que 158 tandis que 136 sénateurs ont voté contre. "Démission, démission", ont aussitôt crié les élus de droite.

Le gouvernement de Romano Prodi ne dispose que d'une voix de majorité au Sénat et doit compter sur les voix des sept sénateurs à vie dont le vote est fluctuant.

L'absention de deux sénateurs à vie et de deux communistes est responsable de cet échec, selon les sénateurs de gauche, cités par les agences.

Il s'agit du plus gros revers pour le gouvernement de Romano Prodi depuis qu'il est arrivé au pouvoir après le scrutin du printemps 2006.

M. D'Alema avait dramatisé l'enjeu du vote de mercredi dans l'espoir de rallier l'aile radicale (communistes et Verts) de la majorité.

Lors du sommet italo-espagnol d'Ibiza mardi, il avait averti qu'en cas d'échec, le gouvernement "rentrerait à la maison", selon la presse italienne.

Avant le vote des sénateurs, M. D'Alema était longuement intervenu pour expliquer les orientations de sa politique, en particulier sur deux sujets qui sont des pommes de discorde avec la gauche radicale, l'engagement de 2.000 soldats italiens en Afghanistan et le feu vert contesté de l'élargissement d'une base américaine à Vicenza (nord).

La mission de paix en Afghanistan est "une mission politique et civile", "pas une mission de l'Otan mais de l'ONU", avait-il souligné, en excluant le départ des soldats italiens, réclamé par la gauche radicale.

Sur la base américaine de Vicenza, le ministre avait souligné qu'un refus de Rome sur l'élargissement de la base auquel Romano Prodi a donné son feu vert en janvier, aurait été un "acte hostile" envers les Etats-Unis.

Au moins 80.000 personnes ont manifesté samedi contre cet élargissement à l'appel des pacifistes, des communistes et des Verts.

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