Projet franco-américain de sortie de crise devant le Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité de l'Onu devait se réunir samedi après-midi pour étudier un projet de cessez-le-feu et de sortie de crise au Liban, après plusieurs journées d'intenses négociations entre la France et les Etats-Unis.

(afp) "Un accord a été trouvé entre Français et Américains sur le projet de résolution sur le Proche-Orient préparé par la France pour demander un arrêt complet des hostilités et travailler à un cessez-le feu permanent et à une solution à long terme", a annoncé le palais présidentiel de l'Elysée samedi.

Dans la foulée, la présidence ghanéenne du Conseil de sécurité a annoncé la tenue de consultations à 15h00 (19h00 GMT), pour présenter ce texte aux 13 autres Etats membres et pour de premières discussions, sans qu'il soit encore question d'un vote.

Le texte doit être présenté samedi au Conseil par le représentant de la France "avec le souci de dégager le plus large accord", selon la présidence française.

La mission française auprès de l'Onu a indiqué qu'elle rendrait le texte public à 13H00 (17H00 GMT).

L'ambassadeur américain à l'Onu, John Bolton, s'est dit prêt à adopter la résolution "aussi vite que possible" mais a ajouté que cela dépendrait de la réaction des 13 autres Etats membres.

"Nous souhaitons aller aussi vite que les autres membres du Conseil le voudront", a-t-il déclaré à la chaine de télévision CNN.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice est attendue aux Nations unies en début de semaine prochaine, a indiqué samedi son porte-parole Sean McCormack ce qui laisse augurer qu'une réunion ministérielle est prévue au Conseil de sécurité de l'Onu pour l'adoption de ce texte.

Français et Américains négociaient depuis plusieurs jours les termes du projet de résolution.

Selon des sources diplomatiques, ils travaillaient sur la base du texte qui avait été mis en circulation par la France dimanche dernier et amendé une première fois jeudi.

Ce texte appelait notamment à "une cessation immédiate des hostilités" et "au strict respect par les deux parties de la Ligne bleue", qui marque la frontière entre Israël et le Liban.

Les Etats-Unis avaient indiqué qu'il préfèreraient désigner les violences actuelles par un terme plus vague.

Le projet français initial définissait des conditions nécessaires pour un cessez-le-feu permanent et une solution durable au conflit entre Israël et le Hezbollah chiite libanais.

Ces conditions devaient notamment inclure "le strict respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale d'Israël et du Liban", "la libération des soldats israéliens enlevés", "le règlement de la question des prisonniers libanais détenus en Israël", ainsi que "la pleine application des accords de Taïf et des résolutions 1559 et 1680 de l'Onu prévoyant le désarmement de toutes les milices au Liban et l'exercice de l'autorité du gouvernement du Liban sur la totalité du territoire libanais".

Le texte prévoyait, en cas d'accord politique, le déploiement d'une force internationale pour "aider les forces libanaises à assurer un environnement sûr et contribuer à la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu permanent".

La nature de cette force et l'interrogation sur l'avenir des troupes israéliennes au Liban sud étaient d'autres points délicats des négociations, selon les diplomates.

La France insiste depuis le début sur une séquence de sortie de crise en trois étapes: un cessez-le-feu, un accord politique entre toutes les parties puis l'envoi d'une force internationale sous l'égide des Nations unies.

Dans une première réaction à l'accord franco-américain, le Premier ministre britannique, Tony Blair, a déclaré qu'il s'agissait d'"un premier pas vital pour mettre fin à cette crise tragique", qui en est à son 25e jour.

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