Pyongyang exige l'arrêt des sanctions japonaises sous peine de représailles

La Corée du Nord a exigé l'arrêt des sanctions japonaises sous peine de riposte "plus forte", a rapporté vendredi une délégation de journalistes nippons en visite à Pyongyang.

"Le Japon traduit ses critiques à notre encontre en sanctions", a déploré un haut diplomate nord-coréen, Song Il-ho, cité par l'agence de presse Kyodo dans une dépêche datée de Pyongyang. "Cela pourrait nous contraindre à prendre des mesures physiques plus fortes", a menacé M. Song, qui est chargé du dossier de la normalisation diplomatique avec le Japon. Interrogé par les journalistes sur le type de mesures envisagées, M. Song s'est contenté d'un "Je vous laisse imaginer..."

"Nous allons continuer à tester des missiles dans le cadre d'un entraînement militaire normal", a ajouté le diplomate nord-coréen.

Piqué au vif, le gouvernement japonais, par la voix de son porte-parole Shinzo Abe, a qualifié d"extrêmement regrettables" les commentaires de Pyongyang.

Si les contentieux sur l'enlèvement des ressortissants japonais, sur les armes nucléaires et les missiles ne sont pas réglés, la Corée du Nord ne pourra pas résoudre ses difficultés économiques et ses problèmes d'énergie et de ravitaillement", a estimé M. Abe, en appelant la communauté internationale à "accroître la pression" sur Pyongyang.

A la suite du tir d'essai d'au moins sept missiles nord-coréens, mercredi, le Japon a décidé de prendre des premières mesures de rétorsion et a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies pour obtenir des sanctions multilatérales contre le régime communiste de Pyongyang.

Une demande japonaise de sanctions qualifiée de "grotesque" par le responsable nord-coréen qui accueillait les journalistes nippons à Pyongyang.

Tokyo a notamment proscrit pour six mois l'accès à ses ports à un ferry nord-coréen, le "Man Gyong Bong-92", principal lien commercial officiel entre les deux pays, important pour l'économie autarcique de la Corée du Nord.

Les autorités japonaises ont également décidé de bannir le territoire nippon aux diplomates nord-coréens et ont recommandé à leurs ressortissants de ne pas se rendre en Corée du Nord.

Le 16 juin, le Parlement japonais a approuvé un projet de loi recommandant des sanctions économiques contre la Corée du Nord à moins que Pyongyang n'améliore la situation des droits de l'homme et ne règle le dossier épineux des Japonais enlevés par des agents nord-coréens.

Des sanctions économiques pourraient coûter plus d'un milliard de dollars par an au régime communiste et entraîner une contraction de 7% de l'économie nord-coréenne très appauvrie.

Le Conseil de sécurité de l'Onu s'efforce de s'accorder sur la réplique à donner aux tirs d'essai de missiles nord-coréens mais il est divisé, Moscou et Pékin étant réticents quant à une résolution et à d'éventuelles sanctions.

(photo: belga)

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