Raids meurtriers au Liban sud

Les hostilités au Liban et en Israël n'ont connu aucune accalmie dimanche et fait une vingtaine de tués, reléguant au second plan le projet de résolution de l'ONU, rejeté d'avance par Beyrouth.

Un soldat israélien arme un mortier près de Meskav, à la frontière avec le Liban - Photo Belga

(afp) - Au 26e jour de l'offensive, dix personnes, neuf civils et un militant palestinien pro-syrien, ont été tués dans des raids aériens israéliens au Liban sud et dans la plaine de la Békaa (est), selon la police

Trois Casques bleus chinois de la Finul ont été blessés par des tirs dans le secteur d'al-Bayada, au nord de Naqoura au Liban-sud, selon un porte-parole de la Force intérimaire de l'ONU au Liban.

Israël a été la cible de la salve de roquettes du Hezbollah la plus meurtrière depuis le début de son offensive au Liban, avec dix personnes tuées et vingt autres blessées dans le nord du pays.

Ce bombardement de Katioucha a été bref -- moins d'une demi-heure -- mais particulièrement intense, frappant une zone découverte où étaient concentrées un grand nombre de personnes.

Selon la chaîne de télévision satellitaire arabe Al-Jazira, toutes les victimes seraient des militaires israéliens qui étaient stationnés dans le secteur. Cette information n'a pas été confirmée de source israélienne.

Une chaîne de télévision israélienne a montré pour sa part des soldats blessés évacués dans des ambulances et d'autres dans des hélicoptères de l'armée.

A Beyrouth, la nouvelle d'un projet de résolution, le premier visant à imposer un arrêt des combats depuis le début de l'opération israélienne, a été accueillie avec défiance.

Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a informé dimanche la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, de la nécessité que le projet de résolution de l'Onu spécifie un retrait israélien au-delà de la frontière libano-israélienne.

"Le Liban insiste pour que le cessez-le-feu s'accompagne d'un retrait de l'armée israélienne au delà de la ligne bleue (tracée par l'ONU et qui sert de frontière entre le Liban et Israël)" a indiqué à l'AFP une source gouvernementale libanaise.

Le Premier ministre libanais a estimé que le projet de résolution franco-américain en cours de discussion "ne résoudra pas la crise et n'est en faveur ni du Liban, ni d'Israël. Israël n'aura pas la garantie de frontières sures et le Liban n'aura pas récupéré tout son territoire occupé".

"Le gouvernement libanais ne pourra alors pas empêcher le Hezbollah d'utiliser ses armes si une partie du Liban sud est réoccupée par Israël", a ajouté M. Siniora, selon la même source.

Le ministre de l'Energie, Mohammad Fneich, également membre du Hezbollah, a indiqué samedi que "s'il y a un cessez-le-feu, le Hezbollah l'acceptera à condition qu'il ne reste plus un seul soldat israélien sur le sol libanais".

Dans une conférence de presse à Beyrouth, le président du Parlement libanais Nabih Berri a affirmé que son pays allait demander aux pays arabes de le soutenir dans son rejet du projet franco-américain de résolution.

Les ministres arabes des Affaires étrangères de la Ligue arabe doivent tenir lundi une réunion extraordinaire à Beyrouth consacrée à la crise libanaise.

Et l'Iran, généralement considéré comme le principal soutien du Hezbollah, a rejeté ce projet "injuste" et incapable de résoudre la crise au Liban.

Le projet franco-américain, qui doit être soumis aux quinze membres du Conseil de sécurité de l'Onu, demande un "arrêt complet des hostilités", mais ne fait pas mention explicite de cessez-le-feu "immédiat" ou d'un retrait de l'armée israélienne du Liban sud, où 10.000 soldats sont déployés.

Le texte, élaboré à partir d'une proposition française, vise à "demander un arrêt complet des hostilités et travailler à un cessez-le feu permanent et à une solution à long terme", a annoncé la présidence française.

Il prévoit une solution en trois temps: un cessez-le-feu, un accord politique entre toutes les parties puis l'envoi d'une force internationale sous l'égide des Nations unies.

Le texte est un préalable à l'examen d'une seconde résolution portant sur la création de cette force internationale qui aurait "une double mission: surveiller le cessez-le-feu et apporter son soutien à l'armée libanaise", a précisé le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy dans une interview au Journal du dimanche.

Le président américain George W. Bush s'est dit "heureux" du projet de résolution, alors que les Russes et les Chinois se sont dits globalement favorables au texte, tout en soulignant qu'il devra emporter l'adhésion d'Israël et du Liban pour avoir des chances de succès.

En Israël, le ministre du Tourisme, Yitzhak Herzog, qui assume un rôle de porte-parole, a jugé le projet "très important".

"En attendant que la résolution entre en vigueur, l'armée continuera à agir" au Liban, a-t-il cependant souligné.

Le vice-Premier ministre Shimon Peres a estimé quant à lui qu'il fallait faire preuve de patience avant l'application d'une résolution sur un cessez-le-feu.

A Damas, le président syrien Bachar al-Assad a examiné dimanche avec le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa la situation au Liban et la réunion des ministres arabes des Affaires étrangères.

M. Moussa doit ensuite se rendre à Beyrouth.

Selon un diplomate arabe de haut rang, la réunion de lundi vise à "soutenir le plan global" du Premier ministre libanais Fouad Siniora.

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