RDC: fin d'une campagne électorale émaillée d'incidents sanglants

La campagne électorale en République démocratique du Congo (RDC), émaillée de nombreux incidents, a pris fin vendredi à minuit, alors que plus de 25 millions de Congolais sont appelés aux urnes dimanche pour des scrutins présidentiel et législatifs cruciaux pour l'avenir de l'ex-Zaïre.

(belga-afp) La campagne, ouverte le 28 juin dernier, s'est terminée vendredi par un meeting du président sortant et candidat à sa propre succession, Joseph Kabila, à Kinshasa, une capitale qui lui semble souvent hostile, contrairement à l'est de l'immense RDC.

Le meeting du président, clôturant une tournée dans les dix autres provinces congolaises, n'a connu aucun débordement, contrairement à la veille, lorsqu'un rassemblement du vice-président Jean-Pierre Bemba, l'un des 33 candidats à la présidentielle, s'est terminé par des violences qui ont coûté la vie à au moins quatre personnes, dont trois policiers, avec la mise à sac de la Haute Autorité des Médias (HAM), chargée de réguler la campagne dans la presse.

M. Bemba, le leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC); une ancienne rébellion soutenue par l'Ouganda, a condamné vendredi "avec fermeté" ces violences. "Il n'est pas dans l'intérêt de notre parti d'accepter de tels débordements qui ont terni la fête", a-t-il dit.

La police, qui avait donné des consignes de "retenue" à ses hommes, estime avoir "évité un bain de sang".

"La police, non armée, (...) a fait son travail avec professionnalisme. Ca aurait pu être beaucoup plus grave", a déclaré le numéro 2 de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), Ross Mountain.

Il a souligné que cette "chaude" journée ne devait pas éclipser l'enjeu des élections pour "une population qui attend depuis tellement longtemps (...) cette occasion de choisir librement ses dirigeants".

Et vendredi, un nouvel incident armé s'est produit à Kinshasa: un soldat affecté à la sécurité du vice-président Azarias Ruberwa a été tué par balles et deux autres blessés vendredi au moment où leur convoi a croisé le cortège du président Kabila sur la route de l'aéroport de Kinshasa-N'Djili, selon l'ONU.

Le porte-parole de M. Ruberwa, Pascal Masireka, a accusé les éléments de la garde présidentielle d'avoir "ouvert le feu sur l'escorte du vice-président" issu du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RDC, un ancien mouvement rebelle appuyé par le Rwanda.

Au Nord-Kivu (est), deux personnes ont été tuées jeudi soir près de Rutshuru dans l'attaque par des hommes armés du convoi de partisans de Venant Tshipasa, ministre congolais des Affaires foncières et candidat aux législatives.

Selon le commandant militaire de la province du Nord-Kivu, le général Gabriel Amisi, cette attaque est le fait de "coupeurs de route".

Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), l'abbé Apollinaire Malu Malu, a averti que "les rassemblements et autres manifestations à caractère politique ou de campagne ne seront pas autorisées" après la fin officielle de la campagne vendredi à minuit (01h00 HB samedi).

Au total, 25,6 millions d'électeurs sont appelés à départager 33 candidats au premier tour de la présidentielle, combiné avec des législatives à un seul tour où 9.707 prétendants se disputeront les 500 sièges de la nouvelle Assemblée nationale.

Tout dérapage du processus pourrait replonger le pays dans le chaos, alors qu'un succès électoral ouvrirait la voie à la relance de l'économie d'un pays ruiné mais potentiellement moteur de l'Afrique centrale.

Ces scrutins, les premières élections libres depuis 1965, seront placés sous la surveillance de 80.000 policiers congolais, 17.600 Casques bleus et d'un millier de soldats européens, qui n'interviendront qu'en cas de "troubles graves".

La régularité des opérations électorales sera vérifiée par 47.000 observateurs nationaux et 1.500 internationaux - dont plus de 80 Belges -, ainsi que plus de 193.000 témoins de partis politiques et de candidats indépendants.

(photo: belga)

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