Publicité

Retirer les troupes américaines d'Irak prendrait des mois, sinon plus

Alors que le Congrès débat actuellement d'un éventuel retrait des troupes américaines d'Irak, le Pentagone a commencé à sérieusement étudier cette option qui ne serait ni rapide ni facile en termes de logistique.

(afp) "Si nous devions partir rapidement, cela prendrait environ neuf mois", a dit à l'AFP un responsable du Pentagone qui a requis l'anonymat. Mais cela voudrait dire laisser l'essentiel des équipements en Irak, a-t-il ajouté.Selon lui, "cela prendrait environ deux ans si on nous demande de ramener l'essentiel de notre équipement, de fermer les bases et les transférer aux Irakiens".Une récente étude de l'état-major interarmées est arrivée à cette conclusion après l'examen d'une série de scénarios de retrait, ont souligné des responsables américains.Des études plus détaillées sont en cours au cas où l'armée recevrait l'ordre de retirer tout le contingent américain (actuellement 160.000 soldats) ou seulement une partie.Les troupes et les équipements pourraient partir via la Turquie ou la Jordanie mais plus probablement via le Koweït, où les équipements devront être inventoriés, nettoyés, empaquetés avant d'être chargés sur des bateaux.

Le président George W. Bush a affirmé que les forces américaines ne se retireront que lorsque les conditions sur le terrain le permettront. Mais ses adversaires démocrates au Congrès proposent de retirer l'essentiel des troupes de combat d'ici le printemps 2008.Espérant réfréner les espoirs d'une sortie facile d'Irak, de hauts responsables du Pentagone ont commencé à parler plus ouvertement des problèmes de logistique."Il ne s'agit pas seulement des soldats mais de millions de tonnes d'équipements qui appartiennent au gouvernement américain et de toutes sortes d'autres choses", a déclaré vendredi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates. "Il s'agira d'une énorme opération de logistique quand elle aura lieu", a-t-il ajouté.Il l'a comparée au retrait des troupes américaines de la région après la guerre du Golfe en 1991. Ce retrait avait pris près d'un an dans des conditions de paix et en utilisant les ports et aéroports saoudiens qui sont bien équipés.

Dans le cas de l'Irak aujourd'hui, des experts estiment que les violences confessionnelles risquent de s'intensifier à la veille du retrait américain, le rendant d'autant plus difficile."Cela nécessite de très bien coordonner les déplacements sur les routes", a souligné un responsable du Pentagone, ajoutant qu'il faudrait une bonne couverture aérienne.

L'armée américaine devra aussi déterminer ce qu'elle fera des dizaines de milliers de civils qu'elle a utilisés en Irak, affirme William Solis, un expert du GAO (Government Accountability Office), un organisme de contrôle des comptes publics.Les équipements amassés en Irak au cours des quatre dernières années seront également un énorme problème.

L'armée devra décider ce qu'elle veut laisser et ce qu'elle veut emporter.Il y a des centaines de chars Abrams et de véhicules de combat Bradley et Stryker en Irak, estiment des responsables du Pentagone. Et les Humvees blindés et les camions se comptent par milliers.A cela s'ajoutent des stocks de munitions, des dépôts de nourriture et des hôpitaux.

Si l'essentiel des équipements est laissé en Irak, il faudra les remplacer quand le contingent sera de retour aux Etats-Unis et cela coûtera énormément d'argent, selon un responsable du Pentagone.

Des experts doutent que les chars et véhicules de combat soient donnés aux Irakiens en raison des technologies sensibles qu'ils contiennent et parce qu'il y a une pénurie aux Etats-Unis de ce type d'équipements pour l'entraînement.

Photo Belga

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés