Réunion d'urgence de la Ligue arabe à Beyrouth, Israël poursuit ses raids

Les ministres des Affaires étrangères des pays arabes se réunissent lundi à Beyrouth pour soutenir la position du Liban opposé à un projet de résolution franco-américain à l'Onu pour mettre fin à un conflit sanglant qui dure depuis près d'un mois sans qu'une trêve soit en vue.

(afp) Au 27e jour de ce conflit, 11 civils libanais ont été tués à l'aube dans le sud du Liban dans des raids israéliens, selon la police libanaise. La Résistance islamique, branche armée du Hezbollah, a affirmé dans un communiqué avoir tué lundi avant l'aube quatre militaires israéliens, dont un officier, dans une attaque au Liban sud. Cette information a été démentie par une porte-parole militaire israélienne. Au lendemain de la journée la plus meurtrière pour Israël depuis le début de ce conflit avec 15 tués, dont 12 soldats, l'aviation israélienne a effectué une série de raids avant l'aube contre les infrastructures du Liban, bombardant des axes routiers reliant notamment l'est du pays à la Syrie, selon la police libanaise. Au moins cinq raids particulièrement violents ont été également menés à l'aube dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du parti chiite Hezbollah. A Beyrouth, les chefs de la diplomatie des 22 pays membres de la Ligue arabe sont réunis pour soutenir la position du Liban qui a demandé que soit amendé le projet de résolution franco-américain au Conseil de sécurité de l'Onu. Ce projet, conclu samedi au terme de plusieurs jours d'âpres négociations, demande un "arrêt complet des hostilités", mais ne fait mention ni de cessez-le-feu immédiat ni de retrait immédiat des troupes israéliennes déployées en force dans le sud du Liban. µ

Les cinq "Grands" du Conseil de sécurité, saisis dimanche de la demande libanaise, doivent poursuivre leurs discussions lundi sur les objections de Beyrouth, après avoir échoué dimanche à trouver une solution. Le Liban exige notamment le retrait des soldats israéliens immédiatement après la cessation des hostilités, et le déploiement dans le sud du pays des forces armées libanaises, appuyées par une force internationale. Le Hezbollah a de son côté prévenu qu'il poursuivrait ses attaques de roquettes sur Israël aussi longtemps que des soldats israéliens se trouveraient sur le sol libanais. L'exigence d'un retrait israélien rencontre l'opposition de l'Etat hébreu qui souhaite retirer ses soldats qu'une fois qu'une force multinationale sera déployée dans le sud du Liban. Ces divergences mettent encore une fois en suspens l'annonce tant attendue d'une trêve à ce conflit qui a fait, depuis le 12 juillet, environ un millier de morts et plus de 800.000 déplacés au Liban, en proie à une véritable catastrophe humanitaire. Israël a déclenché une offensive le 12 juillet au Liban après des tirs de roquettes suivis de la capture de deux soldats à la frontière par le Hezbollah. L'armée israélienne a pour objectif de "nettoyer" la zone frontalière du sud Liban afin notamment d'empêcher des tirs de roquettes du Hezbollah sur son territoire.

En dépit d'une campagne militaire de près d'un mois, le Hezbollah continue de frapper sans répit le nord d'Israël. Une salve de roquettes du "Parti de Dieu", touchant notamment de plein fouet la ville côtière de Haïfa où 160 personnes ont été blessées, a fait dimanche 15 morts, dont les 12 militaires, dans le nord. Au Liban, 17 personnes ont perdu la vie dimanche dans des bombardements israéliens. Lundi avant l'aube, les raids israéliens se sont poursuivis et ont visé la route menant au poste de Masnaa, à la frontière avec la Syrie, une zone maintes fois bombardée depuis le début du conflit le 12 juillet alors que l'armée israélienne cherche à couper les routes d'approvisionnement en armes du Hezbollah. Dans l'est du pays, une entreprise de construction, avec un parc de camions, a également été bombardée, ainsi qu'une route qui relie de nombreux villages de la vallée de la Békaa à la Syrie. Quatre autres raids ont visé des routes dans une zone escarpée, à l'est de la ville de Baalbeck, à une dizaine de km de la frontière entre le Liban et la Syrie.

La Syrie, considérée avec l'Iran comme le principal soutien du Hezbollah, a réagi dimanche au projet de résolution franco-américain en brandissant la menace d'une "guerre régionale", et a assuré qu'elle répondrait "immédiatement à toute agression" venant d'Israël. Israël a lui accueilli positivement le projet de résolution, mais a prévenu qu'il allait poursuivre ses opérations et ne se retirerait du Liban sud "que lorsqu'il sera remplacé" sur le terrain par une force multinationale. A Beyrouth, les chefs de la diplomatie des pays de la Ligue arabe, réunis à l'initiative de l'Arabie saoudite, doivent apporter leur soutien au plan de paix présenté le 26 juillet à la communauté internationale par le Premier ministre libanais Fouad Siniora. Ce plan prévoit notamment un cessez-le-feu et l'échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël, mais aussi l'envoi de l'armée libanaise dans le sud du Liban, ce qui implique le désarmement de facto du Hezbollah, ainsi qu'un renforcement de l'actuelle force des Nations unies au Liban.

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