Rice à Beyrouth se dit "préoccupée" par la situation des Libanais (update)

La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, s'est rendue lundi chez le président du parlement libanais Nabih Berri, après s'être entretenue avec le Premier ministre Fouad Siniora, a constaté un journaliste de l'AFP.

(afp) La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, s'est dit lundi "profondément préoccupée par la situation du peuple libanais", au cours d'une visite surprise à Beyrouth, alors que les combats entre Israël et les combattants chiites du Hezbollah redoublaient d'intensité dans le sud du pays.

Quelques heures auparavant, Mme Rice avait qualifié d'"urgent" un cessez-le-feu au Liban, pour la première fois depuis le début de l'offensive israélienne dans ce pays, le 12 juillet. Mais sur le terrain, l'heure n'était pas à l'arrêt des combats, l'armée israélienne ayant au contraire étendu ses opérations terrestres vers le secteur oriental du sud-Liban et, selon la radio militaire israélienne, ayant pénétré dans les faubourgs de Bin Jbeil, la principale ville de la zone frontalière centrale.

Une porte-parole de l'armée israélienne a fait état d'une dizaine de blessés dans les rangs de Tsahal. Selon la télévision du Qatar al-Jazira, deux soldats israéliens ont été tués lundi matin au Liban-sud. Si ces décès étaient confirmés, ils porteraient le bilan des victimes israéliennes à 39 morts (17 civils et 22 militaires) depuis le début du conflit.

"Je suis profondément préoccupée par la situation du peuple libanais et ce qu'il subit. Et je suis, évidemment, inquiète de la situation humanitaire", a déclaré Mme Rice avant un entretien avec le président chiite du parlement libanais, Nabih Berri. Selon l'Onu, plus de 500.000 personnes ont été déplacées depuis le début de l'offensive israélienne, qui a imposé un blocus maritime, aérien et terrestre quasi-hermétique du Liban.

L'ONU a ainsi lancé lundi un appel urgent de 150 millions de dollars pour venir en aide à ces centaines de milliers de civils chassés de chez eux par l'offensive militaire israélienne. Gardée secrète jusqu'au dernier moment, la visite de Mme Rice, qui devait se rendre ensuite en Israël, a été présentée par un haut responsable américain voyageant avec elle comme "une importante démonstration de soutien aux Libanais et au gouvernement" de Fouad Siniora. "Le fait que nous allions à Beyrouth même, après tout ce qui s'est passé, constitue un message spectaculaire pour le Liban et son gouvernement", a-t-il dit sous le couvert de l'anonymat.

Mme Rice s'est d'abord entretenue avec M. Siniora et le ministre libanais des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh, pendant deux heures, une durée supérieure à ce qui était prévu. Selon le responsable américain cité plus haut, Mme Rice devait discuter des "éléments d'une solution" au conflit, qui a encore fait lundi sept victimes libanaises, dont deux enfants, dans des bombardements israéliens. Le bilan du côté libanais s'établissait ainsi à 370 morts, dans leur immense majorité des civils, depuis le 12 juillet, date de la capture de deux soldats israéliens par le mouvement chiite Hezbollah du côté israélien de la frontière, évènement à l'origine de l'offensive israélienne.

Mme Rice devait faire aussi annoncer l'octroi d'une aide au Liban.Dans l'avion l'amenant au Proche-Orient, elle avait, pour la première fois, appelé à un cessez-le-feu, l'estimant "urgent". "Mais il est important d'avoir les conditions pour qu'il (le cessez-le-feu) soit viable", avait-elle poursuivi, en rappelant la position américaine, selon laquelle un cessez-le-feu ne durera pas si les causes profondes du conflit ne sont pas abordées.

Les Etats-Unis, comme Israël, considèrent que le conflit est dû à la menace que le Hezbollah fait peser sur l'Etat hébreu, ainsi qu'à l'appui, notamment militaire, qu'il reçoit de l'Iran et de la Syrie, les deux bêtes noires de Washington dans la région.

(photo: belga)

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