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Rice au Proche-Orient sans plan précis pour une relance de la Paix

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice entame samedi en Israël une tournée au Proche-Orient pour rallier le soutien arabe à la nouvelle stratégie américaine en Irak, sans plan précis pour une relance du processus de paix israélo-palestinien.

(afp) D'emblée, Mme Rice a tenu à réduire les attentes de cette visite concernant ce processus de paix en affirmant dans l'avion qui la conduisait à Tel-Aviv qu'elle voulait surtout écouter ses interlocuteurs.

"Je ne viens pas avec une proposition, je ne viens pas avec un plan", a-t-elle déclaré aux journalistes l'accompagnant dans sa tournée.

"J'ai, en tant qu'universitaire, beaucoup lu sur les efforts dans le passé pour tenter de faire progresser la question israélo-palestinienne et (...) il est parfaitement clair que si l'on ne prépare pas très bien le terrain, cela ne marche pas", a expliqué cette ancienne professeur de sciences politiques.

"Il ne faut pas un plan 'Made in America'", a-t-elle ajouté. "Il y a trop d'acteurs importants impliqués et pour obtenir des progrès sur le front israélo-palestinien, il faudra toutes les parties".

Mme Rice, qui fait état depuis plusieurs semaines d'"ouvertures" au Proche-Orient, a indiqué qu'elle souhaitait voir "comment on peut accélérer la feuille de route", le plan de paix international qui prévoit la création d'un Etat palestinien.

Mais interrogée sur les moyens d'accélérer ce plan, elle est restée vague, rappelant la nécessité pour les Palestiniens de parvenir auparavant à un accord sur la reconnaissance du droit à l'existence d'Israël, en allusion au refus du mouvement islamiste Hamas qui refuse de reconnaître Israël.

Dans un communiqué, le Hamas qui dirige le gouvernement palestinien a critiqué la tournée de Mme Rice, affirmant qu'elle "ne contribuera qu'à créer des divisions et des dissensions dans la région".

Le mouvement a mis en garde contre "les tentatives américaines et de certaines parties à pousser (...) les Palestiniens à faire des concessions fondamentales".

Les Etats-Unis et l'Union européenne boycottent politiquement et financièrement le gouvernement du Hamas, un mouvement qu'ils considèrent comme "terroriste".

Mme Rice s'est déclaré en faveur d'un gouvernement palestinien d'union nationale. Les discussions sur cette question n'ont pas abouti après des mois de négociations entre le Hamas et le Fatah du président Mahmoud Abbas.

Des affrontements meurtriers entre les deux mouvements ont fait une trentaine de morts depuis l'annonce mi-décembre d'élections anticipées par M. Abbas pour sortir de la crise, qualifiée de "coup d'Etat" par le Hamas.

Mme Rice est attendue samedi après-midi en Israël pour des entretiens dans la soirée avec les ministres de la Défense Amir Peretz, des Affaires stratégiques Avigdor Lieberman et des Affaires étrangères Tzipi Livni.

M. Lieberman est principalement chargé du dossier de la menace nucléaire iranienne.

Les agissements de l'Iran, que Washington accuse de chercher à déstabiliser l'Irak, devraient être abordés par Mme Rice dans sa tournée qui la conduira également la semaine prochaine en Egypte, en Arabie saoudite et au Koweït.

Elle doit rencontrer dimanche à Ramallah en Cisjordanie M. Abbas, auquel le président américain George W. Bush souhaite accorder une aide pour entraîner et équiper ses services de sécurité.

Lundi, après un crochet à Amman, Mme Rice rencontrera à Jérusalem le Premier ministre israélien, Ehud Olmert.

Fin novembre, Mme Rice avait eu des entretiens séparés avec M. Abbas et M. Olmert, dans la foulée du fragile cessez-le-feu israélo-palestinien dans la bande de Gaza qui avait généré l'espoir d'une relance du processus de paix et conduit à la première rencontre Olmert-Abbas, le 23 décembre à Jérusalem.

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