Royal, distancée dans les sondages, dénonce le "danger" Sarkozy

Au dernier jour de campagne et à deux jours du second tour de la présidentielle, Ségolène Royal décrochait vendredi dans les sondages, distancée d'au minimum six points par son rival Nicolas Sarkozy, qu'elle a de nouveau accusé de mettre en danger la paix civile.

(afp) L'écart entre la candidate socialiste et son rival UMP se creuse dans trois des quatre enquêtes réalisées après leur débat très musclé de mercredi. 53-47 pour l'Ifop et CSA. 54-46 pour Ipsos-Dell. Et jusqu'à neuf points d'écart (54,5-45,5) chez TNS-Sofres. Quant au "vainqueur" du débat, c'est M. Sarkozy pour 40%, contre 26% désignant Mme Royal (Ipsos).La candidate a lancé vendredi matin sur RTL "un appel aux électeurs pour qu'ils ouvrent les yeux" et fassent "mentir les sondages". Mais elle a surtout dénoncé "le risque" que constituerait selon elle l'élection de l'ancien ministre de l'Intérieur "par rapport aux violences et aux brutalités qui se déclencheront dans le pays".Son rival UMP, qui intervenait au même moment sur Europe 1, a immédiatement rétorqué en dénonçant des "attaques outrancières", qu'il a justement mis sur le compte des mauvais sondages.

"Comme elle doit sentir que le sol se dérobe sous ses pieds, elle se tend, elle se raidit".Un peu plus tard, il a jugé que sa rivale achevait la campagne "un peu dans la violence, dans une certaine forme de fébrilité".M. Sarkozy a par ailleurs souligné qu'il s'engagerait "fortement dans la bataille des législatives" des 10 et 17 juin s'il est élu, pour disposer d'"une majorité avec l'UMP, avec le centre" afin de "mettre en oeuvre" son projet.Les deux candidats multiplient les appels du pied aux 6,58 millions d'électeurs ayant choisi François Bayrou au premier tour (18,57%), dont les reports pourraient bien être la clé du second tour.

La grande majorité des élus UDF ont apporté leur soutien à M. Sarkozy.M. Bayrou, qui a indiqué qu'il ne voterait pas pour le candidat UMP, fera une déclaration dimanche soir après l'annonce des résultats et doit réunir jeudi prochain un conseil national de l'UDF pour lancer le nouveau parti démocrate qu'il appelle de ses voeux.Le résultat de dimanche pourrait en effet déboucher sur une recomposition politique aux contours encore très incertains.

Mme Royal a multiplié entre les deux tours les gestes envers les centristes, affirmant encore jeudi: "si je suis élue, je travaillerai avec le centre en général et avec François Bayrou en particulier".

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a lui aussi appelé jeudi les électeurs ayant choisi M. Bayrou à faire barrage à Nicolas Sarkozy, exprimant la "réelle inquiétude" que lui inspirait le candidat UMP.L'équipe de la candidate refusait de baisser les bras, Jean-Louis Bianco, l'un de ses directeurs de campagne, assurant que la victoire "est encore possible".Julien Dray, porte-parole du PS, voulait croire que "les choses ne sont pas totalement figées et acquises", mais relevait qu'il "suffisait de faire le total des voix (au soir du premier tour) pour se rendre compte où les choses allaient", rappelant que M. Sarkozy avait devancé Mme Royal de plus de cinq points le 22 avril.

Alors que la campagne officielle s'achève vendredi à minuit, avec notamment l'interdiction de publier de nouveaux sondages, les finalistes jetaient leurs dernières forces dans la bataille.Ségolène Royal se rendait en Bretagne, avec notamment au programme un ultime meeting à Brest en début de soirée. Elle sera également l'invité du 19/20 sur France 3.De son côté, Nicolas Sarkozy s'est rendu en Haute-Savoie, où il a notamment visité le plateau des Glières, haut lieu de la Résistance.

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