Sarkozy en première ligne pour juguler les risques de contagion

Le président français Nicolas Sarkozy se retrouve en première ligne pour tenter d'éviter la contagion de la crise grecque, la chancelière allemande étant sujette aux critiques de ses pairs et les responsables des institutions européennes relégués au second plan.

(afp) - Nicolas Sarkozy a joué vendredi les pompiers avant le sommet extraordinaire de la zone euro à Bruxelles, alors que la chancelière allemande Angela Merkel semble avoir heurté certains dirigeants européens en raison de sa réticence initiale à vouloir aider la Grèce.

Le Parlement allemand a finalement donné son feu vert à l'aide à la Grèce vendredi.

"On joue avec le feu. Il en va de la stabilité de la zone euro, il s'agit d'éviter la faillite de la Grèce. On a perdu trois mois à cause des tergiversations de Mme Merkel", a déploré un diplomate européen de haut rang.

Avant la réunion, le chef de l'Etat français a enchaîné les rencontres bilatérales. Il a rencontré en tête-à-tête les chefs de gouvernement espagnol et portugais, José Luis Zapatero et José Socrates, dont les pays sont dans le collimateur des marchés en raison de leur déficit élevé.

Le président français s'est également entretenu avec le Premier ministre italien Silvio Berlusconi.

L'activisme du président français a contrasté avec la relative discrétion du président de l'Union européenne Herman Van Rompuy, à qui ce rôle est en principe dévolu, et celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, depuis le début de la crise.

"La zone euro manque de leadership, il faut donc resserrer les liens, trouver les moyens d'une meilleure organisation", déplore un autre diplomate européen.

La réunion d'urgence des chefs d'Etat et de gouvernement des 16 pays de la zone euro intervient alors que la tempête financière prend des allures d'ouragan. Toutes les Bourses européennes ont terminé en forte baisse vendredi.

Pour permettre au président français de boucler ses entretiens, le dîner de travail, prévu à 19h00 (17H00 GMT) a été retardé d'une heure.

But de ces efforts: réfléchir à une meilleure gouvernance de la zone euro, prouver au monde que l'Europe est capable de sortir elle-même du marasme dans lequel l'a plongé la crise grecque, rassurer les marchés qui craignent une restructuration des dettes des Etats les plus endettés, à l'origine de la spéculation qui se déchaîne notamment contre deux pays de la zone euro, l'Espagne et le Portugal.

Pour Paris, il s'agit précisément de dénoncer l'amalgame que font les spéculateurs entre Athènes d'une part, Madrid et Lisbonne d'autre part, alors que "leur situation n'est en rien comparable, l'Espagne et le Portugal ayant la capacité de rembourser leurs dettes".

Malgré les critiques dont la chancelière Angela Merkel fait l'objet, M. Sarkozy mise sur le couple franco-allemand.

Jeudi, le président français et la chancelière ont publié une lettre demandant le renforcement de la surveillance budgétaire de la zone euro et la mise en place d'un "cadre robuste" de gestion des crises.

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