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Sarkozy plébiscité comme candidat à la présidentielle - update

Nicolas Sarkozy a été plébiscité dimanche comme candidat à la présidentielle en France au cours d'un congrès de son parti aux allures de sacre et a immédiatement lancé sa campagne contre la socialiste Ségolène Royal en promettant d'être le "président du peuple".

(afp) A moins de 100 jours du scrutin, M. Sarkozy, 51 ans, a été désigné par 98,1% des suffrages dans un vote par internet des militants de l'UMP (Union pour un mouvement populaire), le parti de droite (au pouvoir) qu'il dirige. La participation a été de 69,06%.

"Je dois gagner pour vous, gagner pour la France", a lancé le ministre de l'Intérieur aux militants de l'UMP.

"Je veux être le président du peuple", a ajouté ce fils d'un émigré hongrois, entré en politique il y a 30 ans.

M. Sarkozy a promis qu'il ne serait pas "que le candidat de l'UMP" mais qu'il allait se "tourner vers tous les Français" dans un discours de campagne de plus d'une heure devant des dizaines de milliers de militants enthousiastes (80.000, selon les organisateurs) réunis Porte de Versailles, à Paris.

Il a repris ses grands thèmes, de la lutte contre l'immigration clandestine aux valeurs du travail, du mérite, en s'adressant notamment aux "travailleurs", et à ceux tentés de voter pour les "extrêmes".

Attaquant la gauche et ses mesures phares, comme la semaine de travail hebdomadaire des 35 heures, il a promis d'être un président "qui s'efforcera de moraliser le capitalisme".

Il de nouveau prôné un "traité simplifié" pour l'UE, après le rejet en 2005 par la France de la Constitution européenne et a fortement réaffirmé son opposition à l'adhésion de la Turquie: "La Turquie n'a pas sa place" dans l'UE, a-t-il martelé.

Ce plébiscite de M. Sarkozy par l'UMP était sans suspense. M. Sarkozy était en effet le seul candidat en lice.

L'enjeu du congrès, une démonstration de force soigneusement orchestrée, était d'afficher que l'UMP et ses quelque 337.000 adhérents sont désormais rassemblés derrière leur champion, après des semaines d'escarmouches entre les "sarkozystes" et le dernier carré des fidèles du président Jacques Chirac.

A l'exception notable du Premier ministre Dominique de Villepin, les responsables de l'UMP se sont ralliés à M. Sarkozy, comme la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, qui a rendu les armes vendredi après avoir agité, un moment, l'idée d'une candidature.

Quant à M. de Villepin, marginalisé au sein de l'UMP, il n'a fait qu'une brève apparition dimanche.

Reste M. Chirac, 74 ans, avec qui M. Sarkozy entretient des relations complexes et conflictuelles.

Le président sortant garde le mystère sur ses intentions après 12 ans à la tête de l'Etat, mais la plupart des analystes jugent très peu probable une troisième candidature de sa part.

Si M. Sarkozy n'a pas cité le nom de Mme Royal, les orateurs de l'UMP ont clairement désigné dimanche quel était leur adversaire numéro 1, faisant feu de tout bois contre la candidate socialiste, fustigeant son "sourire qui masque le sectarisme" ou sa "fragilité".

"Derrière le spectacle médiatique organisé, Nicolas Sarkozy vient de prononcer un discours extrêmement inquiétant pour nos concitoyens et notre pays", juge-t-il.

Les sondages donnent au coude à coude M. Sarkozy et Mme Royal, première femme à avoir des chances réelles de devenir présidente en France et qui veut incarner un "renouveau" à gauche.

Face à cette menace, le discours de dimanche de M. Sarkozy a traduit sa volonté de rassembler. Accusé par ses détracteurs d'être "agité", "populiste", voire de chasser sur les terres de l'extrême droite, M. Sarkozy a récemment poli son message, lui donnant une inflexion plus sociale.

Pourtant, un porte-parole de Mme Royal, Julien Dray, a estimé que "c'est la droite violente qui revient eu galop" après le discours de Sarkozy. Un autre, Arnaud Montebourg, l'a qualifié de "metteur en scène hors norme de lui-même et de sa prise de pouvoir".

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