Ségolène Royal en présidentiable devant ses sympathisants

Ségolène Royal s'est posée dimanche en présidentiable, devant plusieurs milliers de sympathisants réunis en Bourgogne: abordant tous les sujets, nationaux ou internationaux, elle s'est voulue l'héritière de François Mitterrand et a appelé au rassemblement.

(afp) "Si je suis en situation, la France aura une parole qui portera dans le monde", "si je suis en situation, le pacte social sera assuré", "si je suis en situation...", a-t-elle martelé. L'éventualité de sa candidature à l'investiture socialiste a ainsi imbibé un discours de près d'une heure, même si elle a évité de se déclarer ouvertement. Devant un auditoire attentif, elle a développé point par point sa méthode et la liste des domaines dans lesquels il faut que "ça change". Un vrai discours-programme, même si elle refuse le terme. Il faut, a-t-elle dit, donner à tous les moyens de "construire sa vie", "reconstruire la valeur travail" en sortant de "l'archaïsme des relations sociales" en développant "un syndicalisme de masse", et relancer une Europe qui doit prouver qu'elle est "utile".

Dans le cadre de la traditionnelle Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, en Bourgogne, elle s'est placée sous l'aile tutélaire de François Mitterrand, le citant comme modèle de "l'exercice de la responsabilité politique et du rôle d'un chef d'Etat". Un chef d'Etat, a-t-elle dit, comme parlant pour elle-même, qui, "bien entouré, doit fixer un cap et veiller à ce qu'il soit tenu". La présidente de Poitou-Charentes, qui est à nouveau en tête des deux derniers sondages sur la présidentielle de 2007, s'est aussi démarquée des autres candidats au sein du PS, refusant la polémique et appelant à l'unité.

D'abord les déclarés, Dominique Strauss-Kahn, Jack Lang ou Laurent Fabius. Le numéro 2 du parti François Rebsamen, un homme de poids dans l'appareil, avait insisté ce week-end sur l'unité retrouvée des socialistes à Frangy. Et elle s'est aussi différenciée de son principal challenger potentiel, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. "J'entends dire, çà et là, qu'il faudrait pour diriger la France une expérience que très peu possèdent ici bas. (...) Mais cela ne suffit pas", a-t-elle ajouté. "Ce qui compte surtout, c'est la capacité à mobiliser l'expérience collective de toutes les volontés et de tous les talents". Une méthode qu'elle pratique par le biais de son site "Désirs d'avenir", sur lequel tout un chacun est invité à faire partager ses idées et expériences.

Balayant tous les sujets (emploi, famille, environnement, diplomatie), elle a fustigé aussi bien son rival potentiel à droite Nicolas Sarkozy, qualifiant d'"insupportable" sa politique d'une immigration choisie, que George W. Bush. Elle a dénoncé la vision "simpliste" du président américain, sa théorie de l'"axe du mal" et des "guerres préventives". Une politique, a-t-elle dit, qui "aggrave les problèmes", notamment en Irak et au Proche Orient. Dans un clin d'oeil à Arnaud Montebourg, qui l'accueillait à cette traditionnelle fête et s'est rallié sous sa bannière, elle a même évoqué la "VIe république" chère au coeur du député de Saône et Loire et de ses partisans, qui constituaient l'essentiel de l'assistance. "Faisons d'abord les choses et nommons les ensuite", a-t-elle dit, proposant "une réforme profonde" des institutions, "une véritable révolution démocratique".

(photo: belga)

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