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Statu quo de la BCE attendu après l'accord sur la Grèce

Les difficultés financières de la Grèce, ainsi que celles du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie et de l'Irlande, restent un motif d'inquiétude et ne devraient pas inciter la BCE à lever le pied trop vite dans son soutien au secteur financier.

(afp) - Les gouverneurs de la Banque centrale européenne se réuniront jeudi, pour la première fois depuis l'accord entre les dirigeants européens sur un plan de secours à la Grèce associant le Fonds monétaire international (FMI).

Le président de l'institution Jean-Claude Trichet y reviendra probablement dans ses commentaires après la réunion de Francfort où la BCE devrait conserver son principal taux directeur à son plus bas niveau historique de 1%, de l'avis unanime des économistes.

Fin mars, après l'annonce du plan, M. Trichet avait exprimé ses craintes que les pays de la zone euro ne se défaussent de leurs responsabilités, avant de saluer l'adoption de ce mécanisme d'aide qui ne doit intervenir qu'en dernier recours et d'insister sur le fait que la Grèce fortement endettée doit d'abord tout faire pour regagner elle-même la confiance des marchés.

Une intervention du FMI serait une première depuis la création de la zone euro il y a onze ans et pourrait être interprétée comme un signe d'incapacité de l'Union monétaire à résoudre seule ses problèmes.


Les difficultés financières de la Grèce, ainsi que celles du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie et de l'Irlande, restent un motif d'inquiétude et ne devraient pas inciter la BCE à lever le pied trop vite dans son soutien au secteur financier.

La BCE devrait ainsi maintenir une politique monétaire accommodante "pour beaucoup plus longtemps que les marchés ne l'attendent", selon Jennifer McKeown de Capital Economics.

En outre, l'institut a assuré le mois dernier qu'il ne retirerait pas complètement son dispositif exceptionnel anti-crise d'ici octobre au moins, et que son retrait très progressif ne devait pas être interprété comme un signal de changements des taux d'intérêt, rappelle Ralph Solveen de Commerzbank.
L'attention devrait donc se concentrer jeudi sur les garanties que la BCE exige de la part des banques en échange de liquidités. Depuis l'aggravation de la crise financière à l'automne 2008 après la faillite de Lehman Brothers, la BCE a décidé d'être moins regardante sur ces "collatéraux".
Elle prévoit de garder des critères assouplis "au delà de 2010", a récemment déclaré M. Trichet devant le Parlement européen.

C'est une bonne nouvelle pour les banques grecques notamment, qui dépendent encore fortement des opérations de refinancement de la BCE, et pour les obligations de l'Etat grec qui seront toujours acceptés comme garanties en échange de liquidités bon marché de la BCE.
L'institution monétaire européenne devrait aussi donner jeudi un avis contrasté sur la reprise économique en zone euro. Celle-ci semble prendre corps, à l'image de l'activité du secteur manufacturier (PMI) qui a affiché en mars sa plus forte croissance depuis quarante mois, à 56,6 points selon une dernière estimation, mais les disparités entre Etats sont profondes.

Dans le même temps, selon une estimation d'Eurostat, l'inflation a grimpé à 1,5% le mois dernier, son plus haut niveau depuis 15 mois, tout en restant en dessous de l'objectif de stabilité des prix de la BCE, soit un niveau proche mais inférieur à 2%.

Quant au chômage, il a atteint 10% en février, un record en zone euro qui risque d'être rapidement battu et de priver l'économie de tout espoir de soutien par la consommation intérieure.

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