Swift assiste Washington dans la lutte anti-terroriste

La société Swift, qui gère depuis Bruxelles un système de messagerie sécurisé pour les banques dans le monde entier, a reconnu vendredi avoir transmis un "nombre limité" de données aux autorités américaines engagées dans la lutte anti-terroriste. Avec plus de 2.200 actionnaires, dont les grandes banques commerciales du monde, Swift fait transiter plus de 11 millions de transactions chaque jour.

(belga/afp) "Dans la foulée des attentats du 11 septembre, Swift a répondu aux injonctions concernant un nombre limité de données délivrées par le Bureau de contrôle des avoirs financiers étrangers du Département américain du Trésor", indique Swift dans un communiqué.

"Swift a négocié avec le Trésor américain la portée de ces injonctions. A travers ce processus, Swift a reçu des garanties significatives concernant le but, la confidentialité, la portée et le contrôle du nombre limité de données présentées en réponse à ces injonctions", ajoute le communiqué.

Le gouvernement américain a confirmé vendredi avoir espionné depuis près de cinq ans des transactions financières internationales et a défendu la légalité de ce programme secret, révélé par la presse, au nom de la lutte contre le terrorisme.

"Je suis particulièrement fier de notre programme de chasse aux financement du terrorisme", a affirmé le secrétaire au Trésor John Snow en commentant dans un communiqué les révélations apportées vendredi par la presse américaine sur ce programme secret.

M. Snow a justifié cette surveillance, menée par le biais de Swift, une compagnie basée en Belgique par laquelle transitent la plupart des transactions financières mondiales, comme l'indiquent le New York Times et plusieurs autres grands quotidiens américains.

Mené par la CIA sous la supervision du département du Trésor, ce programme secret a été lancé après les attentats du 11 septembre 2001. Depuis sa mise en route, des transactions ont été passées au crible, affirme le New York Times.

Le journal précise qu'au départ, le volume de données financières examinées représentait un tel déluge que la CIA et le Trésor avaient alors réduit l'éventail de leurs recherches.

Cette traque financière fonctionne en parallèle avec la surveillance clandestine des communications internationales menée depuis plusieurs années par la très secrète Agence de sécurité nationale (NSA), note pour sa part le Washington Post.

L'existence de ces écoutes révélées en décembre par le New York Times, a soulevé une énorme controverse politique aux Etats-Unis, l'opposition démocrate jugeant ces écoutes illégales, ce que conteste la Maison Blanche.

M. Snow a affirmé que la surveillance financière était limitée et ne visait que les transactions de personnes soupçonnées de liens avec le terrorisme.

"En suivant les flux d'argent, les Etats-Unis ont été capables de localiser les activistes et leurs financiers, repérer des réseaux terroristes et aider à les traduire en justice et à sauver des vies", a-t-il dit.

"Ce programme est cohérent avec nos valeurs démocratiques et nos traditions judiciaires. Je sais qu'il est destiné à rendre l'Amérique et le monde plus sûr", a-t-il encore déclaré en affirmant qu'il "aurait été irresponsable" de ne pas agir ainsi.

La société Swift (Society for Worlwide Interbank Financial Telecommunication) qui gère depuis Bruxelles un système de messageries sécurisé pour les banques dans le monde entier, a reconnu vendredi avoir transmis un "nombre limité" de données aux autorités américaines engagées dans la lutte anti-terroriste.

"Dans la foulée des attentats du 11 septembre, Swift a répondu aux injonctions concernant un nombre limité de données délivrées par le Bureau de contrôle des avoirs financiers du Département américain du Trésor", a indiqué Swift dans un communiqué. Elle a assuré aussi avoir "négocié avec le Trésor américain l'étendue et la portée des injonctions".

Sa banque de données a permis de remonter la piste de certains paiements et retrouver les liens entre d'éventuels groupes terroristes et leurs financiers. Selon le New York Times cela a permis la capture de Riduan Isamuddin, plus connu sous le nom de Hambali, ancien chef opérationnel du mouvement islamiste proche d'Al-Qaïda, Jemaah Islamiyah (JI), auquel a été attribué l'attentat du 12 octobre 2003 à Bali qui avait fait 202 morts.

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