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Thaïlande: la tension monte d'un cran

Des manifestants grimpent aux grilles du Parlement à Bangkok.

Le gouverement thaïlandais a décrété l'état d'urgence après que des centaines de "chemises rouges" aient fait irruption dans l'enceinte du parlement thaïlandais ce mercredi. Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva qui avait quitté les lieux à leur arrivée compte apparemment serrer la vis après plusieurs semaines de manifestations.

(AFP) - Le gouvernement thaïlandais a décrété ce mercredi l'état d'urgence à Bangkok et cinq provinces environnantes après l'intrusion de milliers de manifestants dans la cour du Parlement, a indiqué le Premier ministre Abhisit Vejjajiva à la télévision. "L'état d'urgence a été décrété à Bangkok et dans les provinces qui l'entourent lors d'une réunion extraordinaire du gouvernement", a déclaré en direct à la télévision le chef du gouvernement.

Abhisit Vejjajiva hausse ainsi le ton face aux "chemises rouges", favorables à l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, après avoir dit vouloir résoudre la crise par la discussion. "L'état d'urgence est un moyen légal pour le gouvernement de résoudre la situation (...), cesser la désinformation, poursuivre les leaders des manifestants et prévenir le sabotage de façon efficace", a ajouté le chef de la coalition parlementaire.  Depuis plus de trois semaines, le chef du gouvernement passe le plus clair de son temps retranché dans une caserne de la capitale avec l'état-major de l'armée.

C'est la quatrième fois depuis 2008 que la Thaïlande, très instable politiquement, a recours à cette mesure, qui interdit tout rassemblement de plus de cinq personnes et permet aux forces de l'ordre de procéder à des arrestations sans mandat de la justice. Un ministre a annoncé par ailleurs que les autorités allaient "disperser les manifestants" qui sont installés depuis samedi dans un quartier touristique et commerçant majeur de la capitale. Mardi soir, selon les dernières estimations de la police, les manifestants étaient aux alentours des 55.000, dont environ deux-tiers au coeur de ce quartier.

Les autorités haussent le ton

Les forces de l'ordre entendent aussi fermer la "Chaîne du Peuple", la télévision des "rouges", ainsi qu'"arrêter les responsables et fouiller leurs domiciles". Cette mesure intervient alors que l'opposition se sentait de plus en plus forte et multipliait les actes provocateurs ces derniers jours. Environ 5.000 "chemises rouges" avaient ainsi fait irruption ce mercredi matin dans la cour du Parlement après avoir brisé une grille d'entrée avec un camion.  Quelques minutes plus tard, plusieurs cadres du gouvernement étaient évacués par hélicoptère. Les manifestants ont ensuite accepté de se retirer peu après l'évacuation par hélicoptère de plusieurs personnalités du gouvernement.

"Notre mission est accomplie et nous pouvons retourner à notre base", a déclaré Korkaew Pikulthong, un des leaders "rouges" tandis que la foule commençait à évacuer les lieux. Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva avait décidé de quitter les lieux avant l'arrivée des manifestants. Il n'a pu assister que pendant 15 minutes au conseil des ministres, qui a duré une heure dans une aile distincte de l'enceinte. Un de ses porte-parole a indiqué qu'il avait annulé un voyage à Washington du 10 au 15 avril, où il devait participer à un sommet sur la sécurité nucléaire.

Les "rouges" positionnés stratégiquement

Les "rouges", mouvement qui s'appuie sur les masses rurales du nord et du nord-est du pays, jugent Abhisit illégitime et au service des élites de la capitale. Ils manifestent depuis le 14 mars et exigent sa démission immédiate. Ils ont pris un avantage stratégique majeur en occupant depuis samedi un quartier touristique et d'affaires de la capitale, paralysant l'activité d'hôtels de luxe et de centres commerciaux dont les pertes se comptent en millions d'euros. C'est précisément de cette zone stratégique que les autorités thaïlandaises veulent les déloger.

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