Un sommet européen ce vendredi soir pour calmer le jeu

LA rencontre devra aussi servir à consolider la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre grec Georges Papandréou par rapport aux situations de leurs pays respectifs.

(Belga) - Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays de la zone euro prévu vendredi soir à Bruxelles vise avant tout à convaincre les marchés de la crédibilité du programme d'aide à la Grèce, mais aussi à consolider la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre grec Georges Papandréou par rapport aux situations de leurs pays respectifs, analysait-on jeudi dans certains cercles européens.
Les décisions cruciales sur le programme d'aide à la Grèce ont été prises dimanche entre ministres des Finances des pays de la zone euro.
Dès lors, la décision de maintenir vendredi soir, à partir de 19h à Bruxelles, un dîner informel des chefs d'Etat et de gouvernement des 16 pays de la zone euro peut être interprétée à l'aune des situations internes à l'Allemagne et à la Grèce, faisait-on remarquer.


Ce sommet permet en effet à la chancelière allemande Angela Merkel de s'investir au premier rang dans ce dossier qui l'a fragilisée, alors que se profilent, vendredi, le vote déterminant du Bundestag (la chambre basse du parlement) sur le programme grec et, dimanche, des élections régionales en Rhénanie du nord-Westphalie qui serviront de test à la coalition de Mme Merkel.
La chancelière s'est d'ailleurs fendue ce jeudi, avec le président français Nicolas Sarkozy, d'une lettre commune appelant à renforcer la surveillance budgétaire dans la zone euro, avec "des sanctions plus efficaces" en cas de déficits excessifs, et la doter d'un "cadre robuste" pour gérer les crises comme celle de la Grèce.


Officiellement, l'objectif du sommet de vendredi "est de formaliser l'accord sur les prêts à la Grèce et de réfléchir aux enseignements que l'on peut tirer, de discuter de l'avenir de la zone euro", a expliqué le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes, Diego Lopez Garrido, dont le pays préside l'UE.
Toutefois, "on n'attend aucune décision" nouvelle, commente-t-on à bonne source, même si "le débat sera ouvert" sur une plus grande convergence des politiques macro-économiques, la gouvernance économique de l'UE, etc.
La Commission européenne doit faire des propositions sur une meilleure gouvernance mercredi prochain. Quant aux véritables décisions sur un mécanisme structurel de "sauvetage", elles doivent être apportées avant la fin de l'année par le groupe de travail placé sous la houlette du président du Conseil Herman Van Rompuy. La première réunion de ce groupe est programmée le 21 mai.


Le sommet vise aussi à consolider le premier ministre grec Georges Papandréou, après les violences qui ont fait trois morts mercredi en marge d'une manifestation à Athènes, et montrer aux marchés la crédibilité du programme d'aide à la Grèce alors que l'euro continuait à dévisser jeudi après-midi, évoluant sous les 1,27 dollar et touchant un nouveau plus bas depuis mars 2009.
Il s'agira en outre de répéter qu'une contagion de la crise grecque à d'autres pays n'est pas envisageable, comme l'a fait jeudi le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet en soulignant que le Portugal ou l'Espagne n'étaient pas la Grèce.

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