Une aide sous haute surveillance

©AFP

Les opérations humanitaires se poursuivent sous la surveillance des militaires américains. Les soldats US ne cessent d'affluer à Port-au-Prince. La ville est sous tension et les scènes de violence se multiplient.

Bruxelles (L'Echo/AFP, Reuters) - Les opérations humanitaires ont continué à se déployer mercredi sous haute surveillance en Haïti.

La recherche des survivants touche à sa fin. Les équipes de secours du monde entier ont pu extraire des ruines de Port-au-Prince 121 personnes. Le séisme a fait jusqu'à présent 75.000 morts et 250.000 blessés.

Le bilan est lourd, d'autant qu'il faut maintenant gérer les 1,5 millions de sans-abri qui errent dans les rues de la capitale haïtienne. 

L'aide s'organise sous la houlette des militaires américains. Mais le désespoir attise toujours la violence, et la tension est extrême à Port-au-Prince. Les victimes indirectes se comptent par milliers, comme cette adolescente qui, mardi,  a été tuée par la police qui cherchait à disperser les pillards.

L'ambassadeur d'Haïti aux Etats-Unis, Raymond Joseph, est intervenu en réclamant la fin des largages d'aide humanitaire par hélicoptère. Ces derniers ont en effet provoqué des scènes de chaos d'une rare violence. Le président haïtien lui-même, René Préval, a reconnu qu'il y avait un "problème de coordination" dans la distribution de l'aide.

Six nouveaux avions de la Croix-Rouge devaient décoller ce mercredi afin d'acheminer dans l'île 275 tonnes d'aide alimentaire depuis Panama. Quatre avions devaient partir mardi et deux autres mercredi, mais la plupart ont été retardés à cause de la saturation des aéroports à Haïti et en République dominicaine voisine, a déclaré à l'AFP Rodolfo Bergantino, porte-parole de la Fédération.

Le PAM a déjà distribué environ un million de rations alimentaires à quelque 200.000 personnes à Port-au-Prince et dans les environs.

insécurité croissante

Le pays doit également faire face à l'insécurité grandissante suite à la destruction des prisons de Port-au-Prince. Au yeux du président René Préval, les quartiers de la capitale doivent "s'organiser" face à l'insécurité entretenue par des bandes.

"Nous avons environ 2.500 policiers à Port-au-Prince et il y a 3.000 bandits qui sont sortis de la prison" détruite dans le tremblement de terre, a-t-il précisé.  "Ces gens-là constituent un danger parce que, pour chaque chef de bandits, il y en a dix ou vingt autres qui vont travailler avec lui", a-t-il estimé.


"Si les quartiers s’organisent pour dénoncer les bandits qui sont sortis de prison, pour raisonner ceux qui ont tendance au pillage, je crois que ça ira mieux", a-t-il dit.

les soldats partout

Résultat, les militaires US continuent d'affluer sur l'île. L'armée américaine est aux avant-postes. Plusieurs centaines d'hommes du corps expéditionnaire de la Marine américaine ont débarqué mardi au sud-ouest de Port-au-Prince pour aider à acheminer et distribuer l'aide humanitaire internationale. Dans le même temps, quelque 130 Marines sont arrivés à Léogâne, à 30 km à l'ouest de Port-au-Prince, une ville détruite à 90% selon l'ONU. Ils devaient distribuer des vivres dans un stade.

Au total, environ 11.000 soldats américains ont été envoyés soutenir les opérations en cours à Haïti et au large des côtes. Le consiel de sécurité des nations unies a également décidé d'envoyer 3.500 casques bleus de plus afin de renforcer la force de l'ONU, la Minustah, qui comptera alors 12.500 hommes.

n.bamps@lecho.be

 

 

 

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