Une conférence pour un cessez-le-feu encore lourde d'incertitudes

Les grandes puissances occidentales et leurs alliés arabes, ainsi que l'ONU et la Russie, se retrouvent mercredi à Rome pour une réunion de crise sur la situation au Liban dans un climat de profonde incertitude quant à la stratégie à adopter.

(afp) Cette conférence ministérielle organisée à la hâte réunira durant quelques heures 15 pays et trois organisations internationales pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu et le déploiement d'une force multinationale.

Mais les divergences restent nombreuses entre les Américains et à un moindre degré les Britanniques, dont le soutien à Israël ne fléchit pas, et le reste des Européens et des pays arabes qui entendent obtenir le plus tôt possible l'arrêt sans condition des attaques israéliennes sur un Liban en proie à un début de crise humanitaire.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice qui a effectué lundi une visite surprise à Beyrouth et s'est entretenue mardi avec les Israéliens jouera de toute évidence le premier rôle dans la Conférence, quelle que soit son issue.

Mme Rice accepte bien l'idée d'un cessez-le-feu qu'elle qualifie désormais d'"urgent", mais elle réclame que celui-ci soit assorti d'un examen complet de la situation au Proche-Orient et de la mise hors d'état de nuire du Hezbollah libanais.

Les Britanniques sont à peu près sur la même ligne et refusent d'envisager un arrêt des combats qui ne mettrait pas fin durablement à la crise.

La ministre britannique des Affaires étrangères Margaret Beckett a insisté mardi sur l'importance pour la communauté internationale de soutenir le gouvernement libanais, tout en appelant une nouvelle fois la Syrie et l'Iran à cesser d'aider le Hezbollah.

La France, l'Italie, la Russie et le reste des Européens et des pays arabes soutiennent en revanche sans réserve les appels du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan à un cessez-le-feu immédiat qui serait ensuite suivi de négociations.

L'Arabie Saoudite, l'Egypte et la Jordanie demanderont ainsi un cessez-le-feu immédiat au Liban et le renforcement du gouvernement libanais, a affirmé mardi le ministre jordanien des Affaires étrangères, Abdel Ilah Khatib.

La constitution d'une force internationale d'interposition au Sud-Liban est également à l'agenda de la réunion.

La mise en place de cette force que réclame désormais à peu près tout le monde risque cependant d'être longue, ont averti les Britanniques.

"Cela va prendre du temps et n'est pas facile. Tout le sujet du mandat de cette force, de la nature et de la constitution de cette force fera l'objet de négociations difficiles", a estimé aux Communes Mme Margaret Beckett.

Les Italiens, coprésidents de la Conférence avec les Américains, ont affirmé mercredi par la bouche du chef du gouvernement Romano Prodi que le "premier objectif" de la Conférence serait l'obtention d'un cessez-le-feu.

Enfin le secrétaire-général de l'ONU Kofi Annan, arrivé mardi à Rome, semble vouloir placer la barre un peu plus haut.

"Ce qui est important, c'est que nous quittions Rome avec une stratégie concrète", avait-il déclaré à son départ de New York.

Le rôle de la Syrie et de l'Iran, qui sont les plus importants soutiens du Hezbollah au Liban, sera abordé au cours de la conférence.

"Je m'attends à ce que l'Iran et la Syrie fassent partie de la solution (...), je suis en contact avec eux", a dit M. Annan.

La conférence débutera à 08H00 GMT et elle s'achèvera vers 11H00 GMT avec une conférence de presse finale.

Quatorze pays seront représentés par leur ministre des Affaires étrangères : Etats-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Grèce, Chypre, Espagne, Russie, Turquie, Jordanie, Egypte, Arabie Saoudite, Canada.

Le Liban sera en revanche représenté par le premier Ministre Fouad Siniora accompagné de plusieurs ministres.

L'ONU sera représentée par Kofi Annan, la Banque Mondiale par son président Paul Wolfowitz et l'Union Européenne par le Haut représentant pour la politique extérieure Javier Solana, le commissaire aux Affaires étrangères Benita Ferrero-Waldner et le chef de la diplomatie finlandaise, dont le pays préside actuellement l'UE, Erkki Tuomioja.

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