Victoire du candidat d'opposition à la présidentielle taïwanaise

Selon les résultats définitifs de la commission électorale, M. Ma a recueilli 58,45% des voix contre 41,55% pour son rival du Parti démocratique progressiste (DPP, au pouvoir) Frank Hsieh qui a admis sa défaite. Cette victoire s'inscrit dans la continuité du triomphe du KMT lors des législatives de janvier à l'issue desquelles il s'est arrogé la majorité des sièges au Parlement.


Le président pro-indépendiste sortant, Chen Shui-bian, quittera le pouvoir le 20 mai, très impopulaire et assailli par la justice qui a déjà inculpé sa femme pour corruption et usage de faux.

Ses huit ans de pouvoir ont été marqués par une politique de défiance et de provocation systématique à l'égard de la Chine communiste, au grand dam de l'allié américain de Taïwan, qui fournit des "armements défensifs" à l'île.

Tout en conservant une part de défiance à l'égard du régime communiste, l'ennemi historique, le candidat du KMT a axé sa campagne sur la détente avec Pékin. Il a prôné un "accord de paix" avec la Chine pour mettre fin au conflit armé qui n'a jamais officiellement pris fin.

Normaliser les relations commerciales avec la Chine


Sur le plan économique, M. Ma s'est prononcé pour un "marché commun avec le grand voisin et le rétablissement de liaisons directes entre l'île et le continent, pratiquement suspendues depuis près de 60 ans.

Il a toutefois prudemment éludé l'épineuse question de la réunification, "enjeu majeur" aux yeux de Pékin qui menace d'intervenir militairement en cas de déclaration formelle d'indépendance de l'île.


Sur le chapitre économique, préoccupation majeure des 23 millions d'insulaires, M. Ma avait pris un net avantage en promettant de lutter contre le chômage et d'instaurer des réformes économiques pour doper la 17e puissance économique mondiale.

Car le scrutin a aussi démontré que les Taïwanais étaient avant tout préocupés par des questions de politique intérieure. Pour preuve, ils ont amplement boudé les deux référendums couplés au scrutin de samedi.

Le premier, à l'initiative du DPP, invitait les électeurs à se prononcer sur une hypothétique adhésion de l'île à l'ONU sous le nom de Taïwan. Le second, proposé par le KMT, demandait si le pays devait rejoindre les Nations unies et, si oui, sous quelle dénomination.

Ces consultations très symboliques n'ont pas atteint le seuil nécessaire des 50% de participation pour être validées.

La République de Chine (ROC), nom officiel de Taïwan, a perdu en 1971 son siège à l'ONU au profit de la République populaire de Chine. Toutes les tentatives de reconquête par Taïpei de son siège ont été systématiquement bloquées par la Chine.

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