Virginie : la police enquête, désolation et colère aux Etats-Unis

Près de huit ans jour pour jour après le massacre du lycée de Columbine, au Colorado, qui fit 15 morts le 20 avril 1999, beaucoup s'interrogent sur la facilité avec laquelle on continue à pouvoir acheter des armes à feu en toute légalité aux Etats-Unis.

La colère se mêlait à la désolation mardi aux Etats-Unis où la police cherchait à comprendre pourquoi un tireur fou a abattu la veille une trentaine de personnes dans le pire carnage qu'ait connu un établissement scolaire du pays.

Le président s'est adressé à ses compatriotes, puis l'onde de choc s'est répercutée dans le monde, de Londres à Paris en passant par Sydney.

Le massacre de lundi a semé la panique sur le campus de la paisible ville de Blacksburg, en Virginie, à plus de 400 km au sud-ouest de Washington.

Coups de feu et cris se sont succédé à l'université de Virginia Tech. Des étudiants ont sauté par la fenêtre, d'autres ont fait semblant d'être morts pour échapper au tueur avant que ce dernier ne se suicide.

Mais de nombreuses interrogations restaient sans réponse, à commencer par l'identité du meurtrier, ses motifs, et la question de savoir s'il avait agi seul.

On ignorait encore le rapport entre les deux incidents qui se sont succédé -- de premiers tirs ont fait deux morts dans un dortoir puis 31 personnes sont mortes, dont le tireur, deux heures plus tard dans un autre bâtiment.

Chez les parents et amis des victimes, on se demandait aussi pourquoi l'université n'avait pas été fermée dès le premier incident.

"Je n'arrive pas à comprendre", dit John Reaves, un étudiant de 22 ans.

De nouvelles informations étaient attendues à l'occasion d'une conférence de presse annoncée pour 13H00 GMT.

Lundi, Wendell Flinchum, le chef de la police du campus, visiblement ébranlé, a rapporté que les premiers tirs avaient paru une affaire "personnelle", ce qui expliquerait que les autorités n'aient pas immédiatement fermé l'établissement.

Le tireur, décrit comme un jeune homme de type asiatique, ne portait pas de papiers sur lui et aux premières heures de mardi la police ne l'avait pas identifié publiquement.

Une étudiante qui se trouvait en cours d'allemand, Erin Sheehan, a raconté comment elle avait échappé à la mort alors que l'homme pénétrait à deux reprises dans sa classe.

"Il paraissait très minutieux, abattant pratiquement tout le monde. J'essayais de faire le mort. Il est sorti trente secondes, puis il est revenu faire presque exactement la même chose".

La police n'a procédé à aucune interpellation mais a interrogé une personne.

Des hôpitaux ont accueilli au moins 21 blessés, et 15 s'y trouvaient encore lundi après-midi.

Ce nouveau massacre de jeunes gens a relancé le débat aux Etats-Unis sur la sécurité dans les établissements scolaires et sur l'accès aux armes à feu. La Virginie possède une des législations les plus permissives, remarquait mardi le New York Times.

Dans le monde, le Premier ministre australien John Howard a adressé mardi ses condoléances aux proches des victimes.

Des responsables canadiens avaient fait de même la veille, évoquant "le choc et l'horreur". La Reine d'Angleterre Elizabeth II a été "choquée" et "attristée". Le président français Jacques Chirac a exprimé son "horreur" et sa "totale solidarité".

L'université de Virginia Tech accueille 26.000 étudiants. Le gouverneur de l'état, Tim Kaine, en visite au Japon, a interrompu son voyage pour à Blacksburg où des cérémonies sont prévues.

photo bloomberg

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